Grille de qualification BTP 2026 : coefficients N1P1 à N4P2 et minimum de chaque position
Les sources sont citées section par section. Montants de salaire : estimations de l'éditeur, sauf mention contraire.
Coefficients BTP : quel salaire minimum de N1P1 à N4P2 ?
Sur votre bulletin de paie BTP figure une mention souvent ignorée : votre niveau et position (N2, N3P2…). Ces deux chiffres ne sont pas anecdotiques, ils déterminent le salaire minimum conventionnel que votre employeur est tenu de vous verser. Les comprendre, c'est être en mesure de vérifier si vous êtes correctement rémunéré et de négocier une revalorisation fondée.
Ce que beaucoup appellent la « grille de qualification » du BTP est la classification de la convention : pour les ouvriers du bâtiment, sept positions décrites par l'article 12.2, chacune avec son coefficient, et pour les ETAM huit niveaux lettrés. Le tableau ci-dessous les met côte à côte avec leurs critères.
Deux systèmes de classification : ouvriers et ETAM
Le BTP distingue deux grandes catégories de salariés avec des grilles distinctes.
Les ouvriers du bâtiment (IDCC 1596 et 1597)
Quatre niveaux, sept positions, de N1P1 (coefficient 150) à N4P2 (coefficient 270) : N1P1, N1P2, N2, N3P1, N3P2, N4P1, N4P2. Les ouvriers des travaux publics (IDCC 1702) ont leur propre découpage, détaillé plus bas.
Les ETAM, Employés, Techniciens et Agents de Maîtrise (CCN IDCC 2609)
Classés par niveaux lettrés de A à H, huit niveaux définis au plan national par l'avenant du 26 septembre 2007 ; seuls les minima se négocient région par région. Les niveaux A à D regroupent les employés, E à H les techniciens et agents de maîtrise. Le texte ne liste aucun poste, par choix revendiqué : ses critères « permettent également d'éviter de lister tous les postes existants ».
La grille ouvriers de N1P1 à N4P2 : coefficient et salaire minimum
À chaque niveau correspond un coefficient hiérarchique et un salaire minimum brut, fixé par accord régional. Voici la grille ouvriers du bâtiment, avec le minimum conventionnel 2026 en Île-de-France comme repère (accord du 5 novembre 2025, IDCC 1596) :
| Niveau · Position | Coeff. | Contenu de l'activité (art. 12.2) | Contrôle et autonomie (art. 12.2) | Minimum brut/mois* |
|---|---|---|---|---|
| N1P1 | 150 | Travaux de simple exécution selon des consignes précises | Contrôle constant | ≈ 1 843 € |
| N1P2 | 170 | Travaux simples, sans difficultés particulières | Contrôle fréquent, initiatives élémentaires | ≈ 1 855 € |
| N2 | 185 | Travaux courants de sa spécialité, à partir de directives générales | Contrôle ponctuel, initiative dans le choix des moyens | ≈ 1 899 € |
| N3P1 | 210 | Travaux de son métier, à partir de directives ; lecture de plans possible | Contrôle de bonne fin | ≈ 2 038 € |
| N3P2 | 230 | Travaux délicats de son métier, à partir d'instructions générales | Une certaine autonomie, contrôle de bonne fin | ≈ 2 164 € |
| N4P1 | 250 | Travaux complexes de son métier, ou conduite de l'équipe appelée à l'assister | Autonomie dans son métier | ≈ 2 292 € |
| N4P2 | 270 | Travaux les plus délicats de son métier, ou conduite permanente d'une équipe | Large autonomie, représentation auprès des tiers | ≈ 2 510 € |
*Minimum Île-de-France 2026, donné à titre de repère. Les montants du N1P1 et du N1P2 y sont inférieurs au SMIC en vigueur depuis le 1er juin 2026 (1 867,02 € brut par mois) : pour ces deux positions, c'est le SMIC qui est dû. Le plancher varie d'une région à l'autre : en Bretagne (accord du 27 novembre 2025) un N3P1 démarre à environ 2 065 €, un N4P2 à 2 574 €. La grille complète par région et le décodeur coefficient → minimum permettent de retrouver le vôtre.
Chaque position a aussi sa page, avec ses critères comparés à ceux des positions voisines et son minimum dans les treize régions : N1P1 et N1P2 · N2, coefficient 185 · N3P1, coefficient 210 · N3P2, coefficient 230 · N4P1, coefficient 250 · N4P2, coefficient 270.
Pour un taux horaire, il suffit de diviser : la convention fixe ces minima pour « 35 heures par semaine » (art. 12.8), soit 151,67 heures par mois. En Île-de-France, le N3P1 (coefficient 210) donne ainsi 13,44 € de l'heure et le N4P1 (coefficient 250) 15,11 €, contre 12,31 € pour le SMIC horaire depuis le 1er juin 2026.
Les deux colonnes de critères sont tirées du tableau de l'article 12.2 de la convention, qui en compte quatre : contenu de l'activité, autonomie et initiative, technicité, formation et expérience. À l'embauche, l'article 12.4 classe un titulaire de CAP ou de BEP en N2 (185) et un titulaire de BP, de BT ou de bac professionnel en N3P1 (210). Au-delà du N4P2, l'évolution passe par la grille ETAM, dont le niveau E cite « l'expérience acquise en niveau IV de la classification ouvriers bâtiment » parmi ses voies d'accès. Le décodeur de classification reprend les quatre critères position par position et permet de les confronter à votre poste.
N3P1 et N3P2 : ce que la convention exige pour passer de 210 à 230
Vingt points de coefficient séparent ces deux positions, et la grille des salaires ne dit pas pourquoi. Le texte qui tranche est l'article 12.2 de la convention des ouvriers du bâtiment, étendu, qui définit chaque position par quatre critères. Mis côte à côte, ils diffèrent sur trois points :
| Critère | N3P1 (210) | N3P2 (230) |
|---|---|---|
| Contenu de l'activité | « Travaux de son métier réalisés à partir de directives » | « Travaux délicats de son métier réalisés à partir d'instructions générales » |
| Autonomie et initiative | « Responsable de leur bonne réalisation, sous contrôle de bonne fin » | « Dispose d'une certaine autonomie, sous contrôle de bonne fin » |
| Technicité | « Bonnes connaissances professionnelles » | « Très bonnes connaissances professionnelles » |
Le mot qui fait basculer, c'est « délicats », avec son corollaire : des instructions générales plutôt que des directives. Le lexique du guide d'utilisation sépare nettement les deux, les directives comportant « les modes opératoires détaillés », les instructions ne s'attachant pas « à déterminer chaque phase du travail ». Pas un nombre d'années, donc. Le Guide d'utilisation de la classification nationale, commentaire des signataires attaché à la convention des entreprises de plus de 10 salariés, non étendu, le résume en une phrase par position (« Exécution des travaux du métier », puis « Exécution des travaux délicats du métier et solides connaissances professionnelles ») et ajoute deux précisions utiles : « La notion d'autonomie apparaît à ce niveau », et « Le non-exercice du tutorat ne saurait être un motif de refus de classement au niveau III, position 2. » Il ferme aussi la porte aux arrangements : « La grille offre un éventail hiérarchique de 150 à 270, sans possibilité de créer des coefficients supplémentaires ou intermédiaires. »
Le diplôme joue au départ, et le texte lui donne une suite. L'article 12.4 classe les titulaires d'un CAP, d'un BEP ou d'un titre de niveau V au niveau II, coefficient 185, ceux d'un brevet professionnel, d'un BT ou d'un baccalauréat professionnel ou technologique au niveau III position 1, coefficient 210. Pour ces derniers, il ajoute qu'« à l'issue d'une période maximale de 18 mois après leur classement », ils « seront classés à un niveau ou à une position supérieurs en fonction de leurs aptitudes et capacités professionnelles » ; le guide précise « classement en niveau III/2 ou en niveau IV ». Aucun coefficient 230 n'est donc attribué d'office au diplôme, mais le texte prévoit bien un reclassement au terme de la période, sous condition d'aptitudes, que la convention ne définit pas davantage.
Une précision sur la portée, parce qu'elle change qui ces textes concernent. Les deux conventions, jusqu'à 10 salariés (IDCC 1596) et au-delà (IDCC 1597), portent le même article 12.2, avec les mêmes quatre critères et les mêmes sept coefficients, relus l'une et l'autre sur Légifrance. Trois phrases seulement diffèrent : la convention des petites entreprises évoque les instructions « du chef d'entreprise » là où l'autre parle de l'encadrement ou de la hiérarchie, et elle ajoute au niveau II d'éventuelles « fonctions de représentation simple ». Aucune de ces différences ne déplace une frontière entre positions. Le guide, en revanche, n'est attaché qu'à la convention des plus de 10 salariés.
« N2P1 » ne figure pas dans le bâtiment : vous cherchez les travaux publics
Un niveau revient souvent dans les recherches sans jamais apparaître dans la grille ci-dessus : le N2P1, parfois le N2P2. Ce n'est pas un oubli de notre part. Deux conventions coexistent dans le BTP et elles ne découpent pas les niveaux de la même manière.
Le bâtiment dédouble ses niveaux I, III et IV en deux positions, mais laisse le niveau II d'un seul tenant, au coefficient 185. Les travaux publics, eux, dédoublent aussi le niveau II, et fusionnent le niveau IV. D'où ce N2P1 introuvable côté bâtiment.
| Niveau | Bâtiment (IDCC 1596/1597) | Travaux publics (IDCC 1702) |
|---|---|---|
| I | P1 coeff. 150 · P2 coeff. 170 | P1 coeff. 100 · P2 coeff. 110 |
| II | position unique, coeff. 185 | P1 coeff. 125 · P2 coeff. 140 |
| III | P1 coeff. 210 · P2 coeff. 230 | P1 coeff. 150 · P2 coeff. 165 |
| IV | P1 coeff. 250 · P2 coeff. 270 | position unique, coeff. 180 |
Les coefficients TP paraissent plus bas à niveau égal, mais les deux échelles ne se comparent pas : côté travaux publics le minimum s'exprime en montant annuel, et il s'apprécie sur l'année entière. Un N2P1 des TP en Île-de-France démarre à 24 826 € par an, soit environ 2 069 € par mois. Le repère à retenir : regardez l'IDCC porté sur votre bulletin de paie. S'il indique 1702, c'est la grille des travaux publics qui vous concerne, téléchargeable en PDF par région, pas celle de cette page.
Pourquoi votre classification est importante
Les grilles de salaires BTP sont négociées au niveau régional, pas national. Chaque région (Île-de-France, PACA, Pays de la Loire…) a ses propres minima par niveau. Concrètement :
Pour vérifier les minima de votre région, consultez les accords régionaux publiés sur Légifrance (recherchez votre IDCC + accord régional) ou rapprochez-vous de votre fédération régionale FFB ou CAPEB.
Comment savoir quel est votre niveau réel ?
Votre classification figure sur votre contrat de travail et sur votre bulletin de paie. Si elle n'y figure pas, demandez-la par écrit à votre employeur, c'est une mention obligatoire.
Ce qui détermine le bon niveau, d'après les textes :
Aucun des textes lus ne fixe un nombre d'années pour changer de position.
Comment demander une revalorisation de niveau ?
La démarche la plus efficace est de partir de faits concrets :
1. Rassemblez les preuves de vos fonctions habituelles
Travaux confiés et leur difficulté, forme des consignes reçues (directives détaillées ou instructions générales), plans lus, aides ou équipe conduits, formations suivies. Une certification (CACES, habilitation) conditionne l'accès à une tâche : aucun texte de classification ne la relie à un niveau, c'est la tâche exercée habituellement qui compte.
2. Comparez avec les critères de la convention
Chaque position est décrite par quatre critères dans l'article 12.2 de la convention des ouvriers, et par quatre critères comparables dans l'avenant de 2007 pour les ETAM. Si vos fonctions habituelles correspondent aux critères d'une position supérieure, c'est un argument, à faire valoir au conditionnel : le classement reste une décision de l'employeur, contestable devant le conseil de prud'hommes.
3. Faites la demande par écrit
Un email ou une lettre formelle à votre responsable ou RH, en citant les critères de la CCN. Garder une trace écrite protège en cas de litige.
4. En cas de refus persistant
Saisir l'inspection du travail (gratuit, confidentiel) ou le Conseil de Prud'hommes. La prescription est de 3 ans pour réclamer des salaires non versés au bon niveau.
ETAM : les niveaux A à H
Pour les ETAM, la classification change de forme : une lettre, pas de coefficient. L'avenant du 26 septembre 2007 définit les huit niveaux par quatre critères d'égale importance ; le premier d'entre eux, le contenu de l'activité, suffit à voir la progression :
| Niveau | Contenu de l'activité (avenant n° 1, art. 1er, extraits) |
|---|---|
| A | Travaux simples et répétitifs nécessitant un apprentissage de courte durée, ou travaux d'aide |
| B | Travaux d'exécution sans difficulté particulière, ou assistance à un ETAM d'une position supérieure |
| C | Travaux courants, variés et diversifiés ; résout des problèmes simples |
| D | Mêmes travaux ; maîtrise la résolution de problèmes courants |
| E | Travaux d'exécution, de contrôle, d'organisation, d'études, ou commandement ; résout des problèmes à partir de méthodes préétablies |
| F | Mêmes domaines plus gestion et action commerciale, sur des projets plus techniques, ou commandement d'un ensemble de salariés affectés à un projet |
| G | Projet important ou complexe, ou plusieurs projets, ou commandement de plusieurs équipes |
| H | Fonctions de niveau G avec une expérience confirmée qui en donne la complète maîtrise |
À partir du niveau E, le texte ouvre deux voies, celle des techniques et celle de la maîtrise, sans nommer aucun poste. À l'embauche, un CAP ou un BEP classe en B, un BP, un BT, un bac pro ou un bac STI en C, un BTS, un DUT ou une licence professionnelle en E (art. 2). Le passage de la grille ouvriers à la grille ETAM s'accompagne d'un changement de convention collective (IDCC 2609), dont les effets sur le préavis, l'arrêt maladie et le forfait jours sont comparés dans statut ETAM dans le BTP. Le contingent d'heures supplémentaires, lui, ne change pas : il reste à 180 heures par an dans les deux cas, 145 heures si l'horaire est annualisé (IDCC 1596/1597 ouvriers, 2609 ETAM), et les jours de RTT que beaucoup associent au statut ETAM ne lui sont attachés par aucun texte de branche.
Le SMIC comme plancher absolu
Quelle que soit votre classification, votre salaire ne peut jamais être inférieur au SMIC légal. Depuis le 1er juin 2026, le SMIC brut est de 1 867,02 €/mois (12,31 €/h), après 1 823,03 € de janvier à mai. Si le minimum conventionnel de votre niveau et région est inférieur au SMIC, c'est le SMIC qui s'applique.
Voir aussi : Décodeur coefficient → minimum et critères de classement · Grille salariale BTP officielle 2026 · Définition : coefficient conventionnel · Calculateur de salaire BTP par métier · Conventions collectives BTP.
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Questions fréquentes
Que contient la grille de qualification des ouvriers du bâtiment ?
Quatre niveaux et sept positions : N1P1 (coefficient 150), N1P2 (170), N2 (185), N3P1 (210), N3P2 (230), N4P1 (250) et N4P2 (270). L'article 12.2 de la convention décrit chaque position par quatre critères : contenu de l'activité, autonomie et initiative, technicité, formation et expérience. Le montant en euros n'y figure pas : il est fixé pour chaque coefficient par l'accord de salaires de la région.
Quel coefficient pour un ouvrier qui a un CAP ?
À l'embauche, l'article 12.4 classe le titulaire d'un CAP, d'un BEP ou d'un titre de niveau V en N2, coefficient 185. Un brevet professionnel, un BT ou un bac professionnel classe en N3P1, coefficient 210, avec un reclassement prévu au plus tard 18 mois après, selon les aptitudes. Au-delà de l'embauche, ce sont les travaux exercés habituellement qui fixent la position, pas le diplôme.
Le coefficient change-t-il avec l'ancienneté ?
Non, aucun des textes de la classification ne fixe un nombre d'années pour changer de position. La convention impose la promotion de l'ouvrier « dès qu'il effectue les tâches correspondantes d'une façon habituelle » (article 12.6), et celui qui travaille régulièrement à plusieurs niveaux est classé au plus élevé.
Mon minimum peut-il être sous le SMIC ?
Le montant de la grille, oui : en 2026, celui du N1P1 est sous le SMIC dans toutes les régions suivies par le site, et celui du N1P2 dans la plupart. Le salaire versé, non : quand le minimum de la grille est plus bas, l'employeur doit le SMIC, soit 1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026.
