Vos droits sur votre salaire
SMIC, heures supplémentaires, bulletin de paie, prescription, négociation, PPV, frais professionnels — tout ce que la loi garantit à chaque salarié du BTP. Cliquez sur une section pour en savoir plus.
SMIC brut horaire
12,31 €/h
depuis le 1er juin 2026
SMIC brut mensuel (35h)
1 867,02 €
base 151,67h/mois
Le SMIC s'impose à tous les employeurs, y compris dans les entreprises couvertes par une convention collective. Si votre convention fixe un minima inférieur au SMIC légal, c'est le SMIC qui s'applique automatiquement.
Si vous pensez être payé en dessous du SMIC, contactez l'inspection du travail de votre département — la signalement est gratuit et confidentiel.
Sources officielles
36e à 43e heure / semaine
+25 %
à défaut d'accord (8 premières heures sup)
44e heure et au-delà
+50 %
à défaut d'accord
Contingent annuel, ouvriers et ETAM du BTP
180 h
145 h si l'horaire est annualisé ; 220 h en droit commun
Depuis la loi du 16 août 2022, les heures supplémentaires sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € nets imposables par an (environ 9 260 € brut). Cette exonération reste en vigueur en 2025-2026. La majoration se calcule sur le taux horaire brut, avant toute cotisation.
Le taux est fixé d'abord par un accord d'entreprise ou d'établissement, à défaut par un accord de branche. Il peut être supérieur ou inférieur à 25 %, sans descendre sous 10 % (art. L3121-33). Les conventions des ouvriers et des ETAM du BTP n'en fixent pas : sans accord d'entreprise, ce sont les +25 % et +50 % de l'art. L3121-36 qui s'appliquent.
- →Nom et adresse de l'employeur + SIRET
- →Référence à la convention collective applicable
- →Votre classification (coefficient, niveau, échelon)
- →Le salaire brut de base et chaque élément de rémunération
- →Montant et taux de chaque cotisation salariale et patronale
- →Montant net à payer et date de versement
- →Nombre d'heures travaillées (et heures sup si applicable)
- →Mention : « À conserver sans limitation de durée »
Si la convention collective n'est pas mentionnée sur votre bulletin, vous ne pouvez pas vérifier si les grilles de salaire vous sont bien appliquées. C'est une obligation légale de l'employeur (Art. L3243-2 du Code du travail).
Gardez tous vos bulletins : vous avez jusqu'à 3 ans pour réclamer des sommes impayées (voir section suivante). Un bulletin manquant peut affaiblir vos recours.
Sources officielles
Délai de prescription des salaires
3 ans
Art. L3245-1 du Code du travail
Le délai de 3 ans court à compter du jour où vous avez eu connaissance (ou auriez dû avoir connaissance) des faits. En pratique, si vous découvrez aujourd'hui que vous avez été sous-payé depuis 2023, vous pouvez réclamer l'intégralité des sommes dues depuis 2023.
Cela concerne : un salaire de base inférieur à la grille conventionnelle, des heures supplémentaires non majorées, une prime d'ancienneté oubliée, des indemnités de déplacement non versées. En cas de litige, le Conseil de Prud'hommes est compétent.
Sources officielles
Dans toute entreprise de 50 salariés ou plus dotée d'un délégué syndical, l'employeur doit engager chaque année une Négociation Annuelle Obligatoire (NAO) portant sur les salaires, la durée du travail et le partage de la valeur ajoutée (Art. L2242-1 du Code du travail). L'absence de NAO expose l'employeur à des sanctions.
Même sans syndicat ou dans une petite entreprise, vous avez le droit de demander une revalorisation à votre employeur à tout moment. Il n'est pas légalement obligé d'y accéder, mais il doit vous répondre. Préparez-vous avec vos bulletins, la grille de votre convention collective et les données du marché (votre argument le plus solide en cas de marché tendu).
- →Vérifiez votre coefficient dans votre convention collective
- →Comparez avec les minima de branche publiés sur Légifrance
- →Documentez vos certifications et prises de responsabilité depuis le dernier avenant
- →Proposez une date d'entretien par écrit (mail conservé = preuve)
Sources officielles
La PPV (anciennement « prime Macron ») est une prime que l'employeur peut verser à ses salariés, sans cotisations sociales dans une limite annuelle fixée par la loi (loi n° 2022-1158 du 16 août 2022, art. 1er, modifiée par la loi n° 2023-1107 du 29 novembre 2023). La CSG, la CRDS et l'impôt sur le revenu restent dus, sauf régime temporaire des entreprises de moins de 50 salariés.
Depuis le 1er janvier 2025, certaines PME (11 à 49 salariés, ayant réalisé un bénéfice net fiscal ≥ 1 % de leur chiffre d'affaires pendant 3 années consécutives) sont obligées de mettre en place un dispositif de partage de la valeur — PPV, intéressement ou participation.
Les plafonds d'exonération sont fixés par la loi (3 000 € par an, 6 000 € avec intéressement ou participation), pas révisés chaque année. Le régime qui dispense aussi d'impôt et de CSG/CRDS est temporaire : il couvre les primes versées jusqu'au 31 décembre 2026.
Panier repas — plafond exonéré URSSAF 2026
10,40 €/j
seuil national d'exonération de cotisations, pas le montant dû — montant réel fixé par l'accord régional du bâtiment (11,85 €/j en IDF · 12,50 €/j en Normandie · 12,00 €/j en Pays de la Loire)
Repas grand déplacement BTP
21,40 €/repas
arrêté 4 sept. 2025 — JORFTEXT000052198430
Grand déplacement — nuitée province
56,80 €/nuit
76,60 € Paris/PC — arrêté BTP sept. 2025
Ces sommes sont des remboursements de frais, pas du salaire. Elles ne rentrent pas dans l'assiette des cotisations sociales (dans la limite des barèmes URSSAF) ni dans le calcul de la retraite, des congés payés ou de l'ancienneté. C'est un avantage net immédiat, mais sans impact sur vos droits différés.
Les montants exacts des indemnités de trajet et de transport sont fixés par chaque convention collective régionale BTP. Vérifiez la CCN applicable à votre entreprise (mentionnée sur votre bulletin de paie) pour connaître votre barème précis.
Sources officielles
Conventions collectives BTP →
Primes, grilles, congés CIBTP
Primes & aides complémentaires →
IPD, panier, prime d'activité
Convertisseur brut / net →
Estimer votre net, cotisation par cotisation
Saisie sur salaire →
Barème 2026, retenue maximale
Salaire non payé →
Mise en demeure, référé, AGS
Travail non déclaré →
Risques réels et indemnité 6 mois
Questions fréquentes
Quel est le SMIC applicable dans le BTP en 2026 ?
Le SMIC horaire est de 12,31 € bruts depuis le 1er juin 2026, soit 1 867,02 € bruts mensuels pour 35 heures hebdomadaires (contre 12,02 € bruts de l'heure, soit 1 823,03 € bruts mensuels, du 1er janvier au 31 mai 2026). Les grilles salariales BTP (CCN ouvriers, ETAM, cadres) doivent respecter ce minimum légal.
Quelle est la prescription pour réclamer un rappel de salaire BTP ?
Le délai de prescription des salaires est de 3 ans à compter de la date d'exigibilité (article L3245-1 du Code du travail). Au-delà, la créance salariale est prescrite et ne peut plus être réclamée devant le Conseil des prud'hommes.
Quelles sont les mentions obligatoires du bulletin de paie BTP ?
Le bulletin de paie BTP doit mentionner : l'identité de l'employeur et du salarié, la convention collective applicable (IDCC), la qualification et le coefficient, le salaire brut, le détail de chaque cotisation salariale et patronale, le net avant et après prélèvement à la source (PAS), et le taux de PAS appliqué.
Qu'est-ce que la prime de partage de la valeur (PPV) dans le BTP ?
L'employeur peut verser jusqu'à 3 000 € par salarié et par an (6 000 € s'il applique un accord d'intéressement ou de participation), sans cotisations sociales. La CSG, la CRDS et l'impôt sur le revenu restent dus en règle générale. Exception jusqu'au 31 décembre 2026 : dans une entreprise de moins de 50 salariés, la prime versée à un salarié payé moins de 3 SMIC est aussi exonérée d'impôt et de CSG/CRDS (loi du 16 août 2022, art. 1er).
