Intérim, CDI et CDD dans le BTP
À poste égal, même salaire et mêmes primes. L'intérim ajoute 10 % d'IFM si elle est due, le CDD 10 % d'IFC ; l'ICCP de l'intérim paie des congés que le CDI prend rémunérés.
Ce que la fin de mission ou de contrat ajoute au brut :
- • Intérim — IFM (10 % du brut) puis ICCP (10 % du brut + IFM), versées par l'agence — art. L1251-32 et L1251-19 du Code du travail. Pour 2 000 € de base : 2 420 €, dont 200 € d'IFM et 220 € d'ICCP, qui paie les congés.
- • CDD — IFC (10 % du brut) — art. L1243-8. Pas d'indemnité de congés versée par l'employeur : dans le BTP, les congés du salarié en CDD sont acquis auprès de la caisse CIBTP, qui les paie quand il les prend. Pour 2 000 € de base : 2 200 € (+10 %).
L'ICCP de l'intérim remplace des congés que le CDD et le CDI prennent rémunérés : l'écart durable tient à l'indemnité de précarité (IFM ou IFC), que le CDI n'a pas. Ces pourcentages s'appliquent au salaire et aux primes du poste, que l'intérimaire doit percevoir comme un salarié permanent de l'entreprise utilisatrice (art. L1251-18 et L1251-43, 6°).
Simulateur : intérim, CDD et CDI sur la durée
Prime de poste, 13ᵉ mois ramené au mois… Au même poste, l'intérimaire les perçoit comme le salarié permanent : elles s'ajoutent aux trois colonnes.
Avantages et inconvénients
Intérim BTP
CDD BTP
CDI BTP
Que choisir selon votre profil ?
Ouvrier débutant (< 2 ans)
→ IntérimLe marché BTP est tendu — l'intérim est la voie d'entrée la plus rapide. Constituez un historique de missions sur 1-2 ans, puis négociez un CDI avec un coefficient amélioré.
Débutant ciblant une entreprise précise
→ CDDSi vous avez identifié un employeur cible, un CDD direct est préférable à l'intérim : vous intégrez l'équipe, montrez votre valeur, et maximisez les chances d'une offre CDI en fin de contrat.
Ouvrier expérimenté (2-10 ans)
→ CDIVous avez l'ancienneté pour négocier un bon CDI avec prime de fidélité. La stabilité vous permet de vous former (CACES, habilitations) et d'évoluer vers chef d'équipe.
Technicien / ETAM
→ CDIÀ ce niveau, les avantages du CDI (mutuelle, tickets resto, ancienneté, continuité d'emploi) compensent largement l'indemnité de précarité de l'intérim ou du CDD.
Expert / cadre en mission ponctuelle
→ Portage salarialAu-delà de 3 500 € brut/mois, le portage salarial peut être plus avantageux que l'intérim classique — voir notre comparatif portage salarial. (Base identique à celle du simulateur ci-dessus, qui raisonne en brut.)
Le portage salarial n'est pas une forme d'intérim : c'est vous qui trouvez le client et négociez le prix, la société de portage vous salarie. Ses limites dans le bâtiment (activité permanente du client, travaux dangereux, assurance décennale) et son salaire minimum sont détaillés sur la page portage salarial dans le bâtiment.
Intérim : L'IFM n'est pas due si le salarié est embauché en CDI par l'entreprise utilisatrice dès la fin de la mission (art. L1251-32), en cas de rupture anticipée à son initiative, de faute grave ou de force majeure, ni pour certaines missions d'usage ou de formation prévues par la loi ou un accord de branche — art. L1251-33 Code du travail.
CDD : L'IFC n'est pas due pour un contrat saisonnier ou d'usage (sauf convention plus favorable), un contrat conclu avec un jeune pendant ses vacances scolaires ou universitaires, un CDI pour un emploi similaire et au moins aussi payé refusé en fin de contrat, ni en cas de rupture anticipée à l'initiative du salarié, de faute grave ou de force majeure — art. L1243-10 Code du travail. Un accord collectif peut limiter son taux à 6 % contre un accès privilégié à la formation — art. L1243-9.
Ce comparatif s'arrête au dernier jour travaillé. Ce qui se passe ensuite — ouverture des droits, différé lié aux indemnités, congés déjà versés par la caisse — dépend du motif de fin de contrat et se lit sur le chômage après une fin de chantier BTP.
Comment ce résultat est calculé — trois contrats, une seule assiette de départ
- Les trois colonnes partent du même brut mensuel, des mêmes primes du poste et de la même durée : à poste égal, l'intérimaire doit percevoir la rémunération d'un salarié permanent de l'entreprise utilisatrice, primes et accessoires compris. Tout écart affiché vient donc du contrat.
- En intérim, l'indemnité de fin de mission vaut un dixième de cette assiette, puis l'indemnité de congés payés porte sur l'assiette augmentée de la première — d'où un cumul supérieur à deux dixièmes.
- En contrat à durée déterminée, l'indemnité de fin de contrat joue le rôle de celle de fin de mission, mais aucune indemnité de congés ne s'y ajoute : dans le BTP, les congés du salarié en CDD sont payés par la caisse CIBTP quand il les prend. Un accord collectif peut limiter l'indemnité à 6 %.
- En contrat à durée indéterminée, aucune indemnité de précarité n'est ajoutée : les congés payés sont acquis auprès de la caisse CIBTP puis rémunérés au moment où ils sont pris, pas versés chaque mois.
- Le passage au net calcule les cotisations ligne par ligne, mois par mois, avec la même hypothèse (ouvrier du bâtiment, hors mutuelle) pour les trois colonnes.
Ce que ce résultat n'est pas : une projection de salaire. Les indemnités de précarité ne sont pas dues dans plusieurs cas de rupture, et le taux de cotisations retenu est celui d'un ouvrier non-cadre. Simulation indicative, non contractuelle.
Textes ouverts : Art. L1251-18 C. trav. (égalité de rémunération) · Art. L1251-32 C. trav. (indemnité de fin de mission) · Art. L1251-19 C. trav. (congés payés en intérim) · Art. L1243-8 C. trav. (indemnité de fin de contrat) · Art. L1251-33 C. trav. (cas où l'IFM n'est pas due) · Art. L1243-10 C. trav. (cas où l'IFC n'est pas due)
Questions fréquentes
L'intérim est-il mieux payé que le CDI dans le BTP ?
À poste égal, le salaire est le même : l'intérimaire doit percevoir la rémunération d'un salarié permanent de l'entreprise utilisatrice, primes et accessoires compris (art. L1251-18 et L1251-43, 6° du Code du travail). S'y ajoutent deux indemnités. L'indemnité de fin de mission (IFM, 10 % de la rémunération brute, art. L1251-32) est le seul vrai supplément : elle compense la précarité et n'est pas due si la mission débouche immédiatement sur un CDI chez l'entreprise utilisatrice, ni en cas de rupture à l'initiative du salarié, de faute grave ou de force majeure (art. L1251-33). L'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP, art. L1251-19 : un dixième au minimum du brut perçu, indemnité de fin de mission incluse) paie en argent les congés que le salarié en CDI prend rémunérés par la caisse CIBTP : ce n'est pas un gain. Le total dépasse le brut de 21 %, dont 10 points seulement de précarité.
Un intérimaire a-t-il droit aux mêmes primes qu'un salarié de l'entreprise ?
Oui pour les primes et accessoires de salaire. Le contrat signé entre l'agence et l'entreprise utilisatrice détaille la rémunération d'un salarié de l'entreprise de même qualification, au même poste, une fois sa période d'essai passée, primes comprises (art. L1251-43, 6°). La paie de l'intérimaire ne peut pas descendre sous ce niveau (art. L1251-18). Ces primes entrent aussi dans la base de l'IFM et de l'ICCP. Le simulateur ci-dessus permet de les saisir.
Quand vaut-il mieux choisir le CDI plutôt que l'intérim dans le BTP ?
Le CDI BTP est préférable pour : obtenir un crédit immobilier (les banques exigent un CDI), bénéficier des congés payés CIBTP sans rupture de droits, accéder aux formations Pro BTP et aux avantages conventions collectives (ancienneté, 13e mois, primes de fidélité). Au-delà de 18 mois de mission chez le même client, l'entreprise doit proposer un CDI ou un CDD sous peine de requalification.
Quelle est la durée maximale d'une mission d'intérim dans le BTP ?
La durée maximale d'une mission d'intérim dans le BTP est de 18 mois (renouvellement compris), comme pour tout secteur. Elle peut être portée à 24 mois en cas de remplacement d'un salarié en attente d'embauche, commande exceptionnelle à l'export, ou travaux urgents nécessitant des mesures de sécurité. Au-delà, le contrat peut être requalifié en CDI par le Conseil des prud'hommes.
Le CDD BTP donne-t-il droit aux mêmes indemnités que l'intérim ?
Pas tout à fait. Le CDD ouvre droit à l'indemnité de fin de contrat (IFC, 10 % de la rémunération brute, art. L1243-8 du Code du travail), équivalent de l'IFM. En revanche, ses congés ne sont pas payés par l'employeur en fin de contrat comme l'ICCP d'un intérimaire : dans le BTP, tout salarié est déclaré à une caisse CIBTP, qui lui paie ses congés quand il les prend, ou en indemnité compensatrice s'il quitte le secteur. Le supplément propre au CDD est donc de 10 %, et non de 21 %. L'IFC n'est pas due pour un contrat saisonnier ou d'usage, un job d'été d'étudiant, un CDI similaire refusé en fin de contrat, ni en cas de rupture anticipée à l'initiative du salarié, de faute grave ou de force majeure (art. L1243-10).
