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Chômage après une fin de chantier ou de mission dans le BTP

La fin de chantier ouvre droit à l'allocation — mais le délai avant le premier versement dépend de votre caisse de congés, pas de votre employeur

La fin d'un CDI de chantier ouvre droit à l'allocation chômage : la loi la traite comme un licenciement, pas comme une démission. Mais dans le bâtiment et les travaux publics, le premier versement arrive souvent plus tard qu'ailleurs, pour une raison qui n'a rien à voir avec France Travail : vos congés payés sont détenus par une caisse, et c'est elle qui fixe la durée du décalage.

Règle générale : travail exigé

910 h

ou 130 jours, sur 24 mois (36 mois dès 55 ans)

Différé congés payés

30 j max

durée fixée par la caisse CIBTP

Délai d'attente

7 jours

une fois par période de 12 mois

Simuler vos droits au chômage (ARE)

Estimation indicative, calculée dans votre navigateur : rien de ce que vous saisissez n'est envoyé. Seul France Travail examine le dossier et décide ; ce résultat ne vaut ni décision ni conseil.

Votre situation

Inscription à France Travail
Résidez-vous en France, êtes-vous apte au travail et en recherche d'emploi, sans avoir atteint l'âge légal de retraite ni percevoir de retraite ?
Aviez-vous quitté volontairement un emploi avant ce dernier contrat ?

Démission ou rupture non indemnisée, depuis votre dernière ouverture de droits.

Travail sur la période de référence

24 mois avant la fin du contrat, 36 mois à partir de 55 ans pour une fin de contrat depuis le 1er avril 2025. Renseignez les jours, les heures, ou les deux.

Pour le montant

Primes comprises, hors indemnités de rupture, de congés et de déplacement.

Avez-vous eu des absences non payées sur la période (maladie, congé sans solde) ?
Étiez-vous à temps plein ?
Votre employeur cotisait-il à une caisse de congés payés (CIBTP) ?
Un délai d'attente vous a-t-il déjà été appliqué dans les 12 derniers mois ?

Fin de chantier : une rupture qui repose sur une cause réelle et sérieuse

Quand le chantier pour lequel vous avez été embauché s'achève, l'employeur rompt le contrat. L'article L1236-8 du Code du travail qualifie cette rupture de licenciement reposant sur une cause réelle et sérieuse, et la soumet à la procédure du licenciement pour motif personnel : entretien préalable, notification écrite, préavis.

Conséquence directe : la perte d'emploi est involontaire, donc indemnisable. Conséquence moins agréable : le CDI de chantier reste un CDI, il n'ouvre aucune prime de précarité — contrairement au CDD, dont l'indemnité de fin de contrat représente 10 % de la rémunération brute totale.

Ce qu'il faut avoir travaillé

La règle générale est la même que pour n'importe quel salarié : avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures au cours des 24 mois précédant la fin du contrat (terme du préavis). Des exceptions existent : un salarié qui n'atteint ce seuil qu'avec des contrats exclusivement saisonniers peut ouvrir un droit avec 108 jours ou 758 heures depuis le 1er avril 2025. Le seuil en heures est celui qui compte le plus dans le BTP, où les semaines sont longues et les périodes d'intempéries hachent le calendrier : 910 heures se cumulent vite, y compris sur plusieurs employeurs successifs.

La période de référence passe à 36 mois pour un salarié âgé de 55 ans ou plus à la fin de son contrat (53 ans jusqu'au 31 mars 2025). L'inscription comme demandeur d'emploi doit intervenir dans les 12 mois qui suivent la fin du contrat — un délai large, mais qui n'a aucune raison d'être consommé : les différés décrits ci-dessous courent dès le lendemain de la fin du contrat, inscrit ou non, alors que le délai d'attente de 7 jours ne peut pas démarrer avant l'inscription.

Pourquoi le premier versement tarde plus dans le BTP

Entre la fin du contrat et le premier euro versé s'intercalent des périodes non indemnisées. Dans la plupart des secteurs, le différé lié aux congés payés se calcule sur l'indemnité compensatrice que l'employeur verse au solde de tout compte. Dans le BTP, cette indemnité n'existe pas sur le bulletin : les congés sont servis par une caisse du réseau CIBTP, à laquelle l'entreprise cotise tout au long de l'année.

L'Unédic tranche explicitement le cas : « pour les salariés relevant d'une caisse de congés payés, le différé d'indemnisation est déterminé à partir du nombre de jours correspondant aux congés payés acquis au titre du dernier emploi, ce nombre de jours étant déterminé par la caisse elle-même ». Autrement dit, la durée pendant laquelle vous ne toucherez rien dépend d'une information que France Travail attend de la CIBTP, pas de votre employeur.

Périodes non indemnisées entre la fin du contrat et le premier versement
PériodeDuréeQui la détermine
Différé congés payésSelon les jours acquis, 30 jours maximumVotre caisse CIBTP, qui transmet le nombre de jours
Délai d'attente7 jours calendaires, une seule fois par période de 12 moisRègle générale, applicable à tous

Un différé supplémentaire peut s'ajouter lorsque les indemnités de rupture dépassent le minimum légal — négociation de départ, indemnité conventionnelle plus favorable. Les modalités de calcul figurent dans les fiches thématiques de l'Unédic ; demandez-les à votre conseiller plutôt que de les estimer, elles conditionnent la date de votre premier virement.

L'ordre dans lequel s'y prendre

  1. Inscrivez-vous dès la fin du préavis : les différés courent déjà depuis la fin du contrat, mais le délai d'attente ne démarre qu'une fois inscrit — chaque jour de retard recule d'autant le premier versement.
  2. Réclamez à votre caisse CIBTP l'état de vos droits à congés. C'est ce nombre de jours qui fixe la longueur du différé — le connaître à l'avance vous évite d'organiser votre budget sur une date fausse. Le fonctionnement du circuit est détaillé dans notre guide des congés payés BTP.
  3. Vérifiez que l'attestation employeur mentionne bien la fin de chantier, et non une démission. Une erreur de motif bloque le dossier.
  4. Si le solde de tout compte est incomplet, traitez-le en parallèle sans attendre : la procédure est décrite sur notre page salaire non payé ou en retard. Pour contrôler ligne par ligne ce qui doit y figurer, et les documents à récupérer, voir le dossier de sortie : solde de tout compte et documents.

Après une mission d'intérim

La logique est proche, avec deux différences. La fin de mission ouvre droit à l'indemnité de fin de mission — les 10 % que le CDI de chantier ne verse pas — et l'indemnité compensatrice de congés payés est réglée par l'agence, ce qui replace le calcul du différé dans le régime commun. En revanche, l'enchaînement de missions courtes rend le décompte des 910 heures moins lisible : conservez tous les contrats de mission, chacun compte. Le poids réel de ces indemnités sur la paie est chiffré dans le simulateur intérim BTP, et la comparaison des deux statuts dans intérim ou CDI.

Le montant, une fois les différés passés

L'allocation se calcule sur le salaire journalier de référence, primes comprises. Deux bornes encadrent le résultat : un minimum de 32,13 € par jour et, à l'autre extrémité, une réduction de 30 % à partir du 7e mois d'indemnisation — le 183e jour — pour les anciens salaires élevés. Cette baisse se déclenche au-delà d'un salaire journalier de référence de 162,40 €, soit 4 939,67 € par mois : au-dessus de ce niveau l'allocation est rabotée, sans jamais descendre sous 92,57 € par jour, et sans toucher les personnes de 55 ans et plus à la date de fin de contrat. Ces montants portent la valeur du 1er juillet 2025 et restent ceux qui s'appliquent : faute de majorité au conseil d'administration de l'Unédic du 30 juin 2026, aucune revalorisation n'est intervenue cette année.

Un écart mérite d'être signalé si vous croisez un autre chiffre : la fiche service-public consacrée à l'allocation mentionne un seuil de 159,68 €. Les montants repris ici sont ceux que publient France Travail et l'Unédic, l'organisme qui liquide l'allocation et celui qui décide de sa revalorisation.

Les indemnités liées au déplacement — paniers, trajets, grands déplacements — n'entrent pas dans le salaire de référence : ce sont des remboursements de frais, pas de la rémunération. Un compagnon qui roulait beaucoup verra donc son allocation calculée sur une base sensiblement inférieure à ce qu'il touchait en fin de mois. Le détail de ces lignes figure sur la page primes et indemnités BTP.

Un nouveau chantier avant la fin de vos droits

Reprendre un chantier ne fait pas perdre les jours d'allocation qui restaient : ce reliquat peut être repris à la fin du nouveau contrat, tant que le délai d'utilisation n'est pas dépassé (la durée du droit ouvert, augmentée de trois ans). Au terme de ce reliquat, les droits se rechargent si vous avez de nouveau travaillé au moins 130 jours ou 910 heures après la fin du contrat qui avait ouvert vos droits, dans les 24 mois précédant votre dernière fin de contrat, ou 36 mois à partir de 55 ans. Seules comptent les activités déclarées à l'actualisation mensuelle, d'où l'intérêt de déclarer chaque mission, même courte.

Quand le nouveau chantier était mieux payé, attendre la fin du reliquat peut coûter cher. Le règlement ouvre alors un droit d'option : abandonner le reliquat pour un droit calculé sur vos derniers salaires, à deux conditions cumulées. Il faut réunir 130 jours ou 910 heures de travail, comptés comme pour une ouverture de droits sur la période de référence qui précède la dernière fin de contrat, et soit une allocation de reliquat de 20 € par jour au plus, soit un nouveau droit supérieur d'au moins 30 % au reliquat en montant total. France Travail vous en informe ; vous avez 21 jours pour répondre par écrit, et le choix ne se reprend pas. Il fait aussi repartir le compteur des 182 jours avant dégressivité.

Vérifier si l'option vous est ouverte

Pour obtenir un verdict, renseignez : jours ou heures travaillés sur la période de référence, allocation journalière du reliquat.

Les montants globaux sont estimés par allocation × durée, sans la dégressivité que le règlement y inclut : France Travail vous notifie les montants exacts avant que vous choisissiez.

Sources : Code du travail, art. L1236-8 (rupture du contrat de chantier) — code.travail.gouv.fr ; service-public.gouv.fr, fiche F14860 (conditions d'attribution de l'ARE, mise à jour du 23 juillet 2026), consultées le 31 juillet 2026 ; France Travail, « La dégressivité des allocations » (seuil, plancher et exemption d'âge, valeurs au 1er juillet 2025) et Unédic, communiqué du 30 juin 2026 sur l'absence de revalorisation au 1er juillet 2026, consultés le 5 août 2026 ; Unédic, fiche thématique « Différé congés payés » ; règlement général d'assurance chômage annexé à la convention du 15 novembre 2024, art. 17 bis (dégressivité), 26 (reprise et droit d'option) et 28 (rechargement), lu le 27 septembre 2026. Information indicative, non contractuelle : seul France Travail peut liquider vos droits.