Salaire minimum BTP outre-mer
Guyane, Guadeloupe, Mayotte : les minima réellement opposables, relevés sur les accords étendus
Un ouvrier qui cherche son minimum conventionnel trouve sans peine la grille de sa région s'il travaille en métropole. Hors métropole, la même recherche mène le plus souvent à des montants métropolitains qui ne s'y appliquent pas : le bâtiment et les travaux publics y relèvent de conventions territoriales, négociées sur place, avec des classifications sans équivalent d'un territoire à l'autre.
Cette page rassemble les grilles de 3 territoires que le site ne couvrait pas — la Guyane, la Guadeloupe et Mayotte — telles qu'elles figurent dans les accords publiés au Bulletin officiel des conventions collectives. Elle ne contient aucune estimation de salaire de marché : uniquement des minima, avec le texte qui les fixe et, à côté de chacun, ce qui est réellement dû une fois le salaire minimum légal appliqué.
Un fait à connaître avant de lire les tableaux : le salaire minimum légal n'est pas le même partout. Mayotte a son propre SMIG, plus bas que le SMIC — c'est le seul territoire français dans ce cas, et cela change le calcul de chaque bulletin sur l'île.
Guyane
Le BTP en Guyane relève de ses conventions collectives régionales du bâtiment, des travaux publics et des industries et activités connexes de la Guyane — IDCC 2870, 3128, 3204 (2870 pour les ouvriers (convention du 25 novembre 2009), 3128 pour les ETAM (5 décembre 2011), 3204 pour les ingénieurs et cadres (5 mai 2014)). Ces conventions n'ont aucun rapport avec les grilles métropolitaines : ni les mêmes catégories, ni les mêmes coefficients.
Barème en vigueur : accord régional du 6 juin 2025 relatif aux salaires (ouvriers et ETAM), complété par l'accord du 25 septembre 2025 pour les ingénieurs et cadres, applicable au 1er juin 2025 (ouvriers et ETAM), 1er octobre 2025 (cadres), étendu par arrêté du 9 mars 2026 (JO du 19 mars 2026). Lire le texte de référence
Particularité guyanaise : la grille ouvrière ne fixe pas des montants un par un mais une valeur de point brute de 11,09 €, que multiplie le coefficient de chaque catégorie. Une revalorisation du point déplace donc toute la grille d'un coup, et la première catégorie échappe au calcul : l'accord la fixe expressément à la valeur du SMIC.
L'arrêté du 9 mars 2026 étend l'accord des ouvriers (IDCC 2870) et son avenant du 16 décembre 2025. Les accords ETAM et cadres ont été publiés au Bulletin officiel mais aucun arrêté d'extension n'a été trouvé à leur sujet : ils lient les entreprises adhérentes des organisations signataires, pas nécessairement les autres.
Ouvriers
| Catégorie | Coef. | Minimum mensuel brut | Réellement dû |
|---|---|---|---|
| OE1fixé à la valeur du SMIC par l'accord lui-même | 158 | — | 1 867,02 € |
| OE2 | 164 | 1 818,76 € | 1 867,02 € |
| OP1 | 167 | 1 852,03 € | 1 867,02 € |
| OP2 | 169 | 1 874,21 € | 1 874,21 € |
| OC | 174 | 1 929,66 € | 1 929,66 € |
| MO | 180 | 1 996,20 € | 1 996,20 € |
| MCE1 | 192 | 2 129,28 € | 2 129,28 € |
| MCE2 | 220 | 2 439,80 € | 2 439,80 € |
ETAM — employés, techniciens et agents de maîtrise
| Catégorie | Minimum mensuel brut | Réellement dû |
|---|---|---|
| A | 1 814,00 € | 1 867,02 € |
| B | 1 874,00 € | 1 874,00 € |
| C | 1 941,00 € | 1 941,00 € |
| D | 2 154,00 € | 2 154,00 € |
| E | 2 381,00 € | 2 381,00 € |
| F | 2 807,00 € | 2 807,00 € |
| G | 2 950,00 € | 2 950,00 € |
| H | 3 397,00 € | 3 397,00 € |
Un ETAM guyanais ayant conclu une convention de forfait-jours voit son minimum majoré de 15 %.
Ingénieurs et cadres
| Catégorie | Minimum annuel brut |
|---|---|
| A1 | 32 169 € |
| A2 | 34 092 € |
| B1 | 39 484 € |
| B2 | 41 928 € |
| B3 | 43 686 € |
| B4 | 46 849 € |
| C1 | 50 245 € |
| C2 | 55 269 € |
Minima annuels, pour 35 heures par semaine ou 35 heures en moyenne sur l'année : c'est la rémunération de l'année entière qui doit les atteindre, congés payés et prime de vacances compris. Les cadres au forfait-jours bénéficient d'une majoration de 15 % non intégrée à ces valeurs.
Petits déplacements
Les indemnités de déplacement guyanaises sont elles aussi exprimées en pourcentage de la valeur du point, et calculées depuis le siège ou l'agence de l'entreprise — pas depuis le domicile du salarié.
| Zone | Trajet | Transport |
|---|---|---|
| Zone 1 (rayon de 60 km) | 6,76 € | 5,55 € |
| Zone 2 (61 à 120 km) | 9,98 € | 8,87 € |
| Zone 3 (121 km et plus) | 14,42 € | 11,09 € |
Indemnité de repas : 10,30 € par jour. L'accord ne fixe pas un montant mais un principe : l'indemnité de repas est alignée sur le maximum exonéré de charges par la CGSS de Guyane. Le montant ci-contre est celui retenu pour 2025.
Source : Bulletin officiel des conventions collectives n° 2025/49 (fascicule TRA) — accords du 6 juin 2025 (NOR ASET2550938M et ASET2550939M) et du 25 septembre 2025 (NOR ASET2550940M). Ouvrir le fascicule — montants relus sur cette source le 12 août 2026.
Guadeloupe
Le BTP en Guadeloupe relève de ses conventions collectives départementales du bâtiment et des travaux publics de la Guadeloupe et dépendances — IDCC 2328, 3144 (2328 pour les ouvriers (convention du 28 février 2002), 3144 pour les ETAM (24 juillet 2008)). Le champ couvre Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Ces conventions n'ont aucun rapport avec les grilles métropolitaines : ni les mêmes catégories, ni les mêmes coefficients.
Barème en vigueur : accord paritaire régional du 24 mai 2024 relatif aux salaires et aux primes (+ 2,4 % sur l'ensemble de la grille), applicable au 1er mai 2024, étendu par arrêté du 6 août 2024 (JO du 13 août 2024 (JORF n° 0192)). Lire le texte de référence
Ouvriers
| Catégorie | Taux horaire brut | Minimum mensuel brut | Réellement dû |
|---|---|---|---|
| OE 1 | 11,80 € | 1 789,17 € | 1 867,02 € |
| OE 2 | 11,92 € | 1 807,81 € | 1 867,02 € |
| OP 1 | 12,66 € | 1 919,65 € | 1 919,65 € |
| OP 2 | 13,39 € | 2 031,26 € | 2 031,26 € |
| CP 1 | 14,86 € | 2 254,48 € | 2 254,48 € |
| CP 2 | 15,97 € | 2 421,89 € | 2 421,89 € |
| MO | 16,70 € | 2 533,50 € | 2 533,50 € |
| CE 1 | 16,92 € | 2 566,98 € | 2 566,98 € |
| CE 2 | 17,81 € | 2 700,91 € | 2 700,91 € |
ETAM — employés, techniciens et agents de maîtrise
| Catégorie | Minimum mensuel brut | Réellement dû |
|---|---|---|
| A | 1 789,17 € | 1 867,02 € |
| B | 1 828,73 € | 1 867,02 € |
| C | 1 905,56 € | 1 905,56 € |
| D | 2 072,49 € | 2 072,49 € |
| E | 2 163,30 € | 2 163,30 € |
| F | 2 454,97 € | 2 454,97 € |
| G | 2 712,52 € | 2 712,52 € |
| H | 2 974,49 € | 2 974,49 € |
Primes prévues par le même accord
L'accord guadeloupéen détaille des primes que peu de conventions chiffrent aussi précisément — elles s'ajoutent au minimum, et se vérifient ligne à ligne sur le bulletin.
- Ancienneté
- 3 % de 3 à 6 ans, 4,5 % de 6 à 9 ans, 7 % de 9 à 15 ans, 8,5 % de 15 à 20 ans, 13 % au-delà de 20 ans
- Travail en hauteur
- 2,29 € par jour de 10 à 24 m, 3,59 € par jour au-delà de 24 m — également due au grutier dont la cabine est à plus de 12 m
- Marteau piqueur
- 0,29 € par heure d'utilisation
- Outillage
- 0,10 € par heure pour le maçon, le charpentier et le menuisier, 0,09 € pour le carreleur et l'électricien
Source : Bulletin officiel des conventions collectives n° 2024/27 (fascicule TRA) — accords du 24 mai 2024 (NOR ASET2450571M pour les ouvriers, ASET2450572M pour les ETAM). Ouvrir le fascicule — montants relus sur cette source le 12 août 2026.
Mayotte
Le BTP à Mayotte relève de ses conventions collectives départementales du bâtiment, des travaux publics et des activités connexes de Mayotte — IDCC 6008, 6009, 6010 (6008 pour les ouvriers, 6009 pour les ETAM, 6010 pour les cadres et ingénieurs). Ces conventions n'ont aucun rapport avec les grilles métropolitaines : ni les mêmes catégories, ni les mêmes coefficients.
Barème en vigueur : convention du 4 juin 2014, grille de classification et de salaires créée par avenant n° 1 du 2 décembre 2014 puis révisée par avenant n° 2 du 16 janvier 2015, applicable au 16 janvier 2015, étendu par arrêté du 14 janvier 2015 (convention), arrêté du 11 mars 2015 (avenant n° 2). Lire le texte de référence
La dernière grille conventionnelle connue date de janvier 2015 et se calait sur un SMIG mahorais de 7,26 € de l'heure. Depuis, ce SMIG a été porté à 9,56 € : tous les échelons de cette grille sont passés sous le minimum légal, qui l'emporte donc partout.
Conséquence pratique : à Mayotte, le plancher réellement opposable est le SMIG mahorais brut, 9,56 € de l'heure soit 1 449,93 € bruts par mois pour 35 heures, depuis le 1er juin 2026. C'est le seul territoire français où le salaire minimum légal n'est pas le SMIC : lui appliquer les 1 867,02 € bruts métropolitains est une erreur de droit, dans un sens comme dans l'autre.
La Réunion et la Martinique
Ces deux territoires ont leur page régionale sur le site, avec leur grille complète — douze échelons ouvriers en taux horaires et trente-huit coefficients ETAM pour La Réunion, dix catégories ouvrières désignées par sigles pour la Martinique.
Questions fréquentes sur les salaires BTP outre-mer
Les grilles de salaires du BTP métropolitain s'appliquent-elles outre-mer ?
Non. Le bâtiment et les travaux publics relèvent outre-mer de conventions collectives territoriales, avec leurs propres numéros d'IDCC, leurs propres catégories et leur propre calendrier de négociation. La Guyane raisonne en valeur de point, la Guadeloupe en catégories OE1 à CE2, La Réunion en coefficients 102 à 201, la Martinique en sigles. Aucune de ces classifications ne se transpose dans la trame métropolitaine : appliquer un coefficient métropolitain à un bulletin ultramarin donne un montant faux.
Le SMIC est-il le même partout en France ?
Non, et c'est l'erreur la plus fréquente. L'arrêté du 22 mai 2026 fixe deux montants bruts : 1 867,02 € par mois pour la métropole, la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon ; et un SMIG propre à Mayotte, de 9,56 € brut de l'heure, soit 1 449,93 € bruts par mois pour 35 heures. Mayotte est le seul territoire français dans ce cas.
Pourquoi aucune grille n'est-elle publiée pour Mayotte ?
Parce que la dernière grille conventionnelle connue date de janvier 2015 et se calait sur un SMIG brut de 7,26 € de l'heure. Ce SMIG a depuis été porté à 9,56 € bruts : tous les échelons de cette grille sont passés sous le minimum légal, qui l'emporte alors intégralement. Les publier laisserait croire à des minima applicables, alors qu'aucun employeur ne peut légalement verser ces montants. Le plancher réel à Mayotte est le SMIG.
Un minimum conventionnel ultramarin peut-il être inférieur au salaire minimum légal ?
Oui, et plusieurs le sont. Les grilles se négocient à date fixe, le salaire minimum légal se revalorise quand l'inflation l'impose : entre les deux, des échelons basculent. Quand c'est le cas, le principe de faveur s'applique et c'est le minimum légal qui est dû. Les tableaux de cette page affichent les deux montants côte à côte, celui de la grille et celui qui est réellement versé.
Les accords guyanais sont-ils tous étendus ?
Non, et la nuance compte. L'arrêté du 9 mars 2026 étend l'accord des ouvriers (IDCC 2870) ainsi que son avenant du 16 décembre 2025 : il s'impose alors à toutes les entreprises du champ. Les accords ETAM et cadres du même millésime ont été publiés au Bulletin officiel des conventions collectives, mais aucun arrêté d'extension n'a été trouvé à leur sujet : ils lient les entreprises adhérentes des organisations signataires, pas nécessairement les autres.
