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Dans quel ordre lire un salaire BTP

Les outils ci-dessus sont découpés comme l'est un bulletin de paie du bâtiment, et pas autrement. Quatre couches s'y empilent, chacune régie par un texte différent, et les confondre fausse toute comparaison — c'est ce qui rend deux offres « au même salaire » parfois très inégales. Voici l'ordre dans lequel les prendre.

  1. 01

    Le plancher, qui ne se lit pas au niveau national

    C'est l'erreur de départ la plus fréquente. Chez les ouvriers et les ETAM du bâtiment comme des travaux publics, le minimum applicable n'est pas fixé par la branche au niveau national : il sort d'un accord régional, étendu par arrêté. Deux salariés au même coefficient, à trois cents kilomètres l'un de l'autre, n'ont donc pas le même plancher. Seuls les cadres échappent à cette règle, leurs minima étant négociés nationalement. Avant toute comparaison, il faut donc deux informations, jamais une seule : le coefficient et la région.

  2. 02

    Les heures, qui font l'écart réel entre deux fiches de paie

    Le BTP travaille rarement 35 heures pile. Une base de 39 heures avec majorations, un chantier de nuit, une semaine tronquée par les intempéries : à coefficient identique, le montant versé bouge sans que le plancher conventionnel ait changé d'un euro. C'est pour ça qu'un salaire mensuel annoncé sans sa durée de référence ne veut rien dire, et qu'un comparatif d'offres se fait à durée égale ou pas du tout.

  3. 03

    Ce qui tombe sur le compte sans être du salaire

    Panier de chantier, indemnité de transport, grand déplacement : ces sommes remboursent des frais engagés pour le travail. Dans la limite des barèmes URSSAF, elles échappent aux cotisations et ne figurent donc pas dans le brut. L'indemnité de trajet, elle, obéit à une autre logique — elle compense le temps de route, une sujétion et non une dépense —, ce qui la rend exonérée seulement sous conditions et réintégrable dans l'assiette quand elles ne sont pas réunies. Conséquence pratique, et elle est contre-intuitive : deux postes affichés au même brut ne rapportent pas la même chose si l'un envoie sur des chantiers éloignés et l'autre pas. C'est la couche que les comparateurs de salaire généralistes ignorent presque toujours.

  4. 04

    Le passage au net, qui suit des règles propres à la branche

    Un bulletin BTP porte des lignes qu'on ne trouve pas ailleurs, et elles ne jouent pas de la même façon. La caisse de congés payés de la branche change QUI verse les congés : l'employeur cotise auprès d'elle, et c'est elle qui paie le salarié pendant ses congés. Le régime de prévoyance et de retraite complémentaire de la branche, lui, pèse sur les taux de cotisation eux-mêmes. Le passage du brut au net ne suit donc pas celui d'un salarié du tertiaire, et un simulateur générique se trompe sur ce point précis.

Plancher légal — métropole et DOM, hors Mayotte

1 867,02 € brut/mois

SMIC pour 35 h. Un minimum conventionnel situé en dessous est inapplicable — c'est le SMIC qui s'impose. Mayotte relève d'un SMIG distinct, plus bas : voir les salaires BTP outre-mer. Source : Légifrance.

Panier repas : plafond d'exonération URSSAF

10,40 € par jour travaillé

C'est la limite au-delà de laquelle l'indemnité entre dans l'assiette des cotisations — pas le montant dû. Les accords régionaux du bâtiment prévoient des paniers plus élevés, de 11,20 € à 14,00 € selon la région. Source : barème URSSAF des frais professionnels.

Repères indicatifs, non contractuels. Le montant qui vous est dû dépend de votre convention, de votre coefficient et de l'accord régional applicable à votre chantier.

Ces quatre couches se lisent outil par outil ; elles se racontent aussi cas par cas. Les situations concrètes — un bulletin qui ne correspond pas à la fiche de poste, une prime versée à la place d'une augmentation, un chantier qui s'arrête — sont traitées une par une dans les articles du blog BTP : salaires, métiers, droits et congés.

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