Conventions collectives BTP

Grilles de salaires minimaux, primes, congés CIBTP — ouvriers, ETAM et cadres.

Conventions collectives BTP

Votre convention collective détermine vos minima salariaux, congés, primes et indemnités. Elle est obligatoire pour votre employeur.

Information à titre indicatif. Les données présentées sont issues des conventions collectives publiées sur Légifrance. Les grilles de minima évoluent par avenant — vérifiez toujours la version en vigueur sur legifrance.gouv.fr. Pour votre situation individuelle, consultez votre employeur, votre syndicat ou l'Inspection du Travail.
Comment trouver votre convention collective ?
  1. 1Sur votre fiche de paie — cherchez la mention Conv. coll. ou IDCC suivi d'un code à 4 chiffres.
  2. 2Sur votre contrat de travail — la convention doit y être mentionnée explicitement.
  3. 3En demandant à votre employeur — il est légalement tenu de vous communiquer le texte ou d'en afficher la référence dans l'entreprise.
Une fois votre code IDCC trouvé, vous pouvez consulter le texte intégral de votre convention sur legifrance.gouv.fr (rubrique "Conventions collectives").

Simulateur d'heures supplémentaires

Estimez votre gain mensuel selon votre régime et votre nombre d'heures supplémentaires.

Simulateur d'heures supplémentaires — résultat indicatif
1 500 €8 000 €
Taux horaire : 14,51 €/h+25 % → 18,13 €/h+50 % → 21,76 €/h
1h20h
HS à +25 % : 4h/sem
HS à +50 % : 0h/sem

Gain brut/mois

+314

Gain net + exo (loi 2022)

+268

Gain net sans exo

+242

Salaire total (base + HS) / mois

Total brut

2 514

Total net + exo

1 973

Total net sans exo

1 947

Exonérées d'impôt sur le revenu — loi pouvoir d'achat du 16 août 2022 (plafond 7 500 €/an). Réduction de cotisations vieillesse salariales ~7,3 % incluse dans le calcul.

Taux horaire 14,51 €/h · contingent légal 180h/an (ouvriers) · 220h/an (ETAM/cadres) · calcul lissé sur 52/12 mois — estimation indicative.

Les 9 conventions collectives du BTP et secteurs associés

BTP classique (Bâtiment et Travaux Publics) · Cabinets d'architecture (IDCC 44) · Bureaux d'études / Syntec (IDCC 1486).

Bâtiment – Ouvriers petites entreprises

OuvrierMinima bas

S'applique aux ouvriers des entreprises du bâtiment comptant 10 salariés ou moins. Les minima sont légèrement inférieurs à ceux des grandes entreprises (environ 3 à 5 % en dessous). Concerne une majorité des artisans et TPE du secteur.

Minima 2025 : ≥ SMIC (1 823 €/mois depuis janv. 2026) → ≈ 2 415 € brut/mois — grilles régionales supérieures, à vérifier sur legifrance.gouv.fr (IDCC 1596)

Bâtiment – Ouvriers grandes entreprises

OuvrierMinima moyens

Convention de référence pour les ouvriers des entreprises du bâtiment de plus de 10 salariés (PME, ETI). Grille de coefficients 150 à 270. S'applique à la majorité des ouvriers employés par des entreprises générales de bâtiment.

Minima 2025 : ≥ SMIC (1 823 €/mois depuis janv. 2026) → ≈ 2 415 € brut/mois — grilles régionales supérieures, à vérifier sur legifrance.gouv.fr (IDCC 1597)

Travaux Publics – Ouvriers

OuvrierMinima élevés

Convention plus favorable que le bâtiment. S'applique aux ouvriers sur chantiers de voirie, terrassement, réseaux (VRD), génie civil, canalisations. Les minima TP dépassent généralement ceux du bâtiment de 10 à 15 %, et les salaires réels sont souvent 20 à 30 % au-dessus des minima grâce aux primes de chantier.

Minima 2025 : Supérieurs à IDCC 1597, +10 à +15 %

Bâtiment – ETAM

ETAMMinima moyens

Couvre les techniciens, agents de maîtrise et employés administratifs du bâtiment. Grille en 8 niveaux (A à H) : de 1 767 € (niveau A) à 3 309 € (niveau H) en brut mensuel pour 35h (minima 2025). Le niveau réel est en général 10 à 20 % au-dessus du minimum conventionnel.

Minima 2025 : 1 839 € (A) → 3 321 € (H) brut/mois (accord Bretagne janv. 2025 — varie par région, source : legifrance.gouv.fr IDCC 2609)

Travaux Publics – ETAM

ETAMMinima élevés

Plus favorable que l'ETAM bâtiment (8 à 12 % supérieur). S'applique aux techniciens et agents de maîtrise sur chantiers TP (VRD, génie civil, infrastructures). Intègre des indemnités spécifiques (grands déplacements, zones éloignées) pouvant ajouter 200 à 500 €/mois nets.

Minima 2025 : Supérieurs à IDCC 2609, +8 à +12 %

Bâtiment – Ingénieurs & Cadres

Cadre / IngénieurMinima moyens

Convention nationale des ingénieurs et cadres des entreprises du bâtiment (avenant n° 77, fév. 2025). Grille de 14 coefficients allant de 60 (2 326 €) à 162 (5 418 €) pour 39h/semaine. Les salaires effectifs constatés dans les grandes entreprises du secteur sont fréquemment supérieurs aux minima conventionnels, sans qu'un écart standard puisse être affirmé.

Minima 2025 : 2 326 € (coeff 60) → 5 418 € (coeff 162) brut/mois 39h (fév. 2025)

Travaux Publics – Cadres

Cadre / IngénieurMinima élevés

Nouvelle convention des cadres des travaux publics du 20 novembre 2015 (IDCC 3212 — remplace l'ancienne CCN IDCC 211 de 1953). Généralement plus favorable que IDCC 2420 pour les postes de direction de chantier et de projet. S'applique aux directeurs de travaux, ingénieurs et chefs de projet sur chantiers TP.

Minima 2025 : Supérieurs à IDCC 2420 sur les postes de direction

Cabinets d'architecture

Toutes catégoriesMinima moyens Secteur associé

CCN des entreprises d'architecture du 27 février 2003 (IDCC 2332 — remplace l'ancienne CCN IDCC 44 de 1972). S'applique à tous les salariés des cabinets et agences d'architecture (architectes, dessinateurs-projeteurs, économistes, secrétaires). L'architecte diplômé d'État (ADE) et titulaire de la HMONP relève de la catégorie cadre.

Minima 2025 : Variable selon catégorie — consulter la grille paritaire annuelle

Bureaux d'études techniques (Syntec)

Toutes catégoriesMinima élevés Secteur associé

Convention de référence pour les ingénieurs, techniciens et consultants des bureaux d'études et sociétés d'ingénierie (Egis, Setec, Systra, Artelia, cabinets indépendants…). Couvre deux catégories : ETAM (techniciens et agents de maîtrise) et IC (ingénieurs et cadres). Réformée en 2022 avec une nouvelle classification par « emplois repères ».

Minima 2025 : Variable selon classification ETAM / IC — consulter la grille en vigueur

Bâtiment ou Travaux Publics ?

Bâtiment (CCNB)

  • Construction, rénovation de bâtiments
  • Maçonnerie, charpente, couverture
  • Électricité, plomberie, peinture
  • IDCC 1596, 1597, 2609, 2420

Travaux Publics (CCNTP)

  • Voirie, terrassement, réseaux VRD
  • Génie civil, ponts, tunnels
  • Canalisations, infrastructures
  • IDCC 1702, 2614, 211

En cas de doute, l'activité principale de votre employeur détermine la branche applicable.

Primes et indemnités garanties par les conventions

En plus du salaire de base, ces éléments sont définis dans les textes conventionnels — votre employeur est tenu de les appliquer.

+ Mutuelle, 13e mois, participation…
Congés payés — système CIBTPBâtiment + TPTerrain + Bureau

5 semaines par an (30 jours ouvrables), gérées par la CIBTP — pas par votre employeur. Vos droits sont conservés si vous changez d'entreprise en cours d'année.

Obligatoire ?

Oui — votre employeur cotise obligatoirement à la CIBTP dès votre premier jour. C'est un droit légal, pas une faveur.

Qui paie ?

La CIBTP (Caisse de Congés Payés BTP) vous verse directement les indemnités sur votre compte bancaire — pas votre employeur.

Déclenchement

Automatique : vos droits s'accumulent tout au long de l'année. Vous posez vos congés auprès de votre employeur comme d'habitude — c'est ensuite la CIBTP qui vous paie pendant l'absence.

Base de calcul

10 % des salaires bruts perçus sur l'année de référence (1er juin N-1 → 31 mai N), avec un plancher garanti : au moins ce que vous auriez gagné en travaillant.

Sur votre fiche de paie

Aucune ligne "congés CIBTP" sur votre bulletin — la CIBTP vous vire directement pendant la période de congés. Si vous ne recevez rien, créez votre espace sur cibtp.fr.

Spécificité du BTP : vos congés ne sont pas gérés par votre entreprise mais par la CIBTP. Grand avantage si vous changez d'employeur en cours d'année : les droits acquis chez l'ancien patron sont conservés dans la caisse, pas perdus. Vérifiez que vous êtes bien enregistré auprès de votre caisse régionale CIBTP (votre employeur doit l'avoir fait à votre embauche).

Guide complet des congés payés BTP : règle du 1/10e, portabilité, simulation →
Prime d'anciennetéBâtiment + TPTerrain + Bureau

Majoration automatique de votre salaire selon les années passées dans la branche BTP — pas seulement chez votre employeur actuel.

Obligatoire ?

Oui — droit garanti par la convention collective. L'employeur doit la verser automatiquement, sans que vous ayez à la demander.

Qui paie ?

Votre employeur, chaque mois directement sur votre fiche de paie.

Déclenchement

Automatique dès que vous atteignez un palier d'ancienneté. Des oublis existent en pratique : vérifiez votre fiche de paie à chaque anniversaire de palier.

Base de calcul

Calculée sur le salaire MINIMUM conventionnel — pas sur votre salaire réel si vous gagnez plus. Paliers habituels : +3 % à 3 ans, +6 % à 6 ans, +9 % à 9 ans, +12 % à 12 ans, +15 % à 15 ans. Exemple : mini conventionnel à 1 824 €/mois (SMIC 2026) → dès 3 ans : +55 €/mois nets.

Sur votre fiche de paie

Doit figurer sous la ligne "Prime d'ancienneté" ou "Complément ancienneté". Si cette ligne est absente après votre palier, réclamez-la par écrit à votre employeur — l'oubli est fréquent.

L'ancienneté comptabilisée est celle acquise dans toute la branche BTP, pas uniquement chez votre employeur actuel. Si vous avez travaillé 4 ans chez un autre entrepreneur BTP avant votre poste actuel, ces 4 ans comptent — justifiez-les avec vos anciens bulletins de paie ou une attestation employeur. La prime est bien calculée sur le minimum de la grille conventionnelle, même si votre salaire réel est au-dessus.

Indemnités petits déplacements (IPD)Bâtiment uniquementTerrain

Compensation des trajets domicile–chantier selon la distance. Exonérée de charges — ce n'est pas du salaire, c'est un remboursement de frais.

Obligatoire ?

Oui pour tout ouvrier travaillant sur chantier — l'employeur ne peut pas y déroger, même avec votre accord.

Qui paie ?

Votre employeur, sur votre fiche de paie. Exonérées de cotisations sociales dans les limites prévues — le montant brut = montant net.

Déclenchement

Automatique selon la zone kilométrique du chantier : l'employeur calcule et verse sans que vous ayez à demander quoi que ce soit. Si rien n'apparaît sur votre fiche, réclamez.

Base de calcul

Distance entre le point de référence (agence de rattachement ou domicile selon accord) et le chantier, divisée en 4 zones kilométriques. Un barème est fixé par accord paritaire régional et revalorisé chaque année.

Sur votre fiche de paie

Cherchez "IPD", "Ind. déplacement" ou "Ind. trajet" sur votre bulletin. Le montant varie selon le chantier du mois — c'est normal.

Les IPD indemnisent à la fois le trajet ET le temps passé à se déplacer vers le chantier. Elles ne se cumulent pas avec le remboursement d'abonnement transport pour les mêmes trajets. Les montants varient d'une région à l'autre : contactez votre fédération régionale (FFB, CAPEB) ou votre syndicat pour obtenir la grille actualisée de votre zone.

Les montants exacts varient selon les accords régionaux et sont mis à jour chaque année — vérifiez la grille actualisée auprès de votre employeur ou de votre syndicat.
Simulateur IPD par zone + calcul mensuel →
Indemnités grands déplacements (IGD)Travaux Publics uniquementTerrain

Indemnités repas + logement quand le chantier est trop loin pour rentrer chaque soir. Peut représenter 200 à 500 € nets/mois supplémentaires.

Obligatoire ?

Oui, dès que la distance chantier–domicile dépasse le seuil conventionnel TP (ou en l'absence de transport en commun praticable).

Qui paie ?

Votre employeur. Exonérées de cotisations sociales dans les limites URSSAF — montant brut = montant net.

Déclenchement

Automatique dès que vous êtes envoyé en grand déplacement. L'employeur doit les verser sans que vous en fassiez la demande.

Base de calcul

Forfait journalier couvrant : repas du midi + repas du soir + logement (ou remboursement sur justificatifs si logement réel). Les montants sont fixés par la convention TP et revalorisés périodiquement.

Sur votre fiche de paie

Cherchez "IGD" ou "Grand déplacement" sur votre bulletin. Ces lignes n'apparaissent que les mois où vous êtes effectivement en déplacement.

Les IGD s'appliquent quand la distance et/ou l'absence de transport rendent impossible le retour quotidien au domicile. Elles peuvent significativement augmenter le revenu mensuel net lors de missions longues. Elles ne se cumulent pas avec le panier repas : le déjeuner est déjà inclus dans les IGD.

Simulateur grands déplacements (province / Paris) →
Prime de panier / repasBâtiment + TPTerrain

Indemnité journalière quand vous travaillez sur un chantier qui vous empêche de rentrer déjeuner. Exonérée de charges sociales dans les limites légales.

Obligatoire ?

Oui, dès que vous êtes sur chantier et que vous ne pouvez pas rejoindre votre domicile ou un restaurant d'entreprise pour déjeuner.

Qui paie ?

Votre employeur, sur votre fiche de paie. Exonéré de cotisations sociales dans la limite du plafond URSSAF.

Déclenchement

Automatique les jours de travail sur chantier éligibles. Ne se cumule pas avec les IGD (qui incluent déjà le repas du midi).

Base de calcul

Montant journalier fixé par la convention collective de branche, revalorisé périodiquement. Versé pour chaque journée de travail sur chantier remplissant les conditions — pas les jours de bureau, de congé ou d'arrêt maladie.

Sur votre fiche de paie

Cherchez "Panier", "Ind. repas" ou "Prime repas" sur votre bulletin. Le nombre de paniers doit correspondre aux jours de chantier du mois.

Son montant est plafonné par les règles URSSAF — au-delà du plafond, la partie excédentaire devient soumise à cotisations. Si vous percevez des IGD pour un même déplacement, le panier déjeuner est déjà inclus : pas de cumul possible.

Calculer mon panier repas mensuel (barème FFB 2026) →
Indemnités intempériesBâtiment + TPTerrain

Compensation partielle du salaire perdu lors d'un arrêt de chantier pour mauvais temps. Ce n'est pas votre employeur qui paie en définitive — c'est une caisse spécialisée.

Obligatoire ?

Oui, si l'arrêt est déclenché — mais c'est l'employeur qui décide d'engager la procédure, pas le salarié.

Qui paie ?

La Caisse des Congés Intempéries BTP, financée par les cotisations patronales. L'employeur avance les indemnités et se fait rembourser par la caisse.

Déclenchement

Sur décision de l'employeur, qui doit déclarer l'arrêt à la Caisse selon une procédure spécifique. Le salarié ne peut pas déclencher lui-même l'indemnisation.

Base de calcul

Environ 75 % du salaire brut horaire × les heures chômées. Conditionné à la décision de l'employeur et au respect de la procédure de déclaration.

Sur votre fiche de paie

Cherchez "Intempéries" ou "Chômage intempéries" les mois concernés. Si l'employeur n'a pas déclaré l'arrêt, aucune ligne n'apparaît — et il n'y a pas de recours automatique pour le salarié.

Les intempéries ne s'appliquent que lorsque les conditions météo rendent le travail objectivement impossible ou dangereux (gel, pluie forte, neige…). Si l'employeur n'engage pas la procédure alors que les conditions le justifient, vous pouvez le signaler à l'inspection du travail. En revanche, ce n'est pas un droit que vous pouvez déclencher vous-même.

Simulateur indemnités intempéries (heures × taux × 75 %) →
Remboursement transport domicile–travailBâtiment + TPBureau

50 % de votre abonnement transport en commun remboursé par l'employeur. Obligation légale — vaut pour tout salarié avec un lieu de travail fixe.

Obligatoire ?

Oui — obligation légale (Code du travail, art. L. 3261-2), indépendante de votre convention collective. Tout employeur est concerné.

Qui paie ?

Votre employeur rembourse 50 % du coût mensuel de votre abonnement, directement sur votre fiche de paie.

Déclenchement

À votre demande : vous devez fournir l'attestation ou le justificatif de votre abonnement à votre employeur. Sans justificatif fourni, il n'est pas tenu de le verser automatiquement.

Base de calcul

50 % du tarif mensuel de l'abonnement (Navigo, TER, etc.). Ne s'applique qu'aux abonnements — pas aux tickets achetés à l'unité.

Sur votre fiche de paie

Cherchez "Remb. transport" ou "Prise en charge transport" — apparaît souvent hors cotisations sociales, en bas de bulletin.

Ce remboursement concerne les salariés avec un établissement fixe (bureau, agence). Les ouvriers percevant des IPD pour leurs trajets chantier ne peuvent pas cumuler les deux pour le même trajet. Certains employeurs proposent en plus un forfait mobilité durable (vélo, covoiturage) pouvant atteindre 800 €/an exonérés de charges — renseignez-vous auprès de votre RH.

Ne se cumule pas avec les IPD (Indemnités petits déplacements) pour les mêmes trajets. Si vous touchez des IPD pour aller au chantier, vous ne pouvez pas aussi réclamer le remboursement d'abonnement pour ce trajet.
Heures supplémentairesBâtiment + TPTerrain + Bureau

Toute heure au-delà de 35h/semaine est majorée de +25 % (36e–43e h) ou +50 % (44e h et +). Contingent annuel : 180h pour les ouvriers BTP (accord de branche du 17 sept. 2014), 220h pour ETAM et cadres (contingent légal).

Obligatoire ?

Oui — la majoration est légale et obligatoire dès la première heure supplémentaire. Aucun accord individuel ne peut y déroger à la baisse. Seul un accord de branche ou d'entreprise peut substituer un Repos Compensateur de Remplacement (RCR) au paiement majoré.

Qui paie ?

Votre employeur, directement sur votre fiche de paie. Si un accord le prévoit, le paiement majoré peut être remplacé par un Repos Compensateur de Remplacement (RCR) — 1h sup à +25% = 1h15 de repos ; 1h sup à +50% = 1h30 de repos.

Déclenchement

Automatique dès que vous dépassez 35h de travail effectif dans la semaine civile. Les absences (congés payés, maladie, jours fériés) ne comptent pas comme du travail effectif et n'entrent pas dans le calcul des heures supplémentaires.

Base de calcul

+25 % sur les 8 premières HS hebdomadaires (36e–43e heure). +50 % au-delà (44e heure et +). Pour les cadres non-autonomes IDCC 2420/211 dont le contrat est base 39h : les 4 heures (36e–39e) sont incluses dans le salaire conventionnel — les HS effectives débutent à la 40e heure.

Sur votre fiche de paie

Cherchez "Heures supplémentaires", "H.S. 25 %" ou "H.S. 50 %" sur votre bulletin. Si vous travaillez régulièrement plus de 35h sans mention d'HS (hors forfait jours), réclamez par écrit. Si vous êtes au forfait jours, aucune ligne HS n'apparaît — c'est normal.

Dans le BTP, la semaine de 39h est très répandue sur chantier. Les 4 premières heures supplémentaires (36e–39e h) doivent apparaître sur la fiche de paie avec leur majoration de +25 %, sauf si votre contrat précise expressément que le salaire intègre ces heures. Exception notable : les conventions cadres IDCC 2420 (Bâtiment) et IDCC 211 (TP) définissent les minima sur une base 39h — le salaire minimum intègre donc déjà ces 4 heures. Pour Syntec (IDCC 1486), les ETAM travaillent souvent à 37h avec attribution de RTT ; les IC (ingénieurs-cadres) sont quasi-systématiquement au forfait jours. Les cadres autonomes au forfait jours (218j/an max) ne bénéficient pas du régime des heures supplémentaires, mais restent soumis aux limites de repos quotidien (11h) et hebdomadaire (35h). Modulation annuelle (accord Bâtiment du 6 nov. 1998) : l'employeur peut faire varier la durée hebdomadaire entre 0 et 44h sans déclencher d'heures supplémentaires semaine par semaine, à condition que la moyenne annuelle reste à 35h. Le salaire est lissé (payé chaque mois sur la base de 35h) et les HS se décomptent en fin d'année sur l'éventuel dépassement global. Exemple concret : 30 semaines à 44h (été/chantiers actifs) + 22 semaines à 24h (hiver/intempéries) = total annuel proche de 35h × 52 sem — sans HS déclenchées hebdomadairement. Si vous êtes sous ce régime, votre contrat ou une note de service doit le mentionner. Heures récupérées après intempéries : les heures perdues pour cause d'intempéries peuvent être récupérées dans les 12 semaines suivantes et sont payées au taux normal, sans majoration d'heures supplémentaires — c'est une exception légale spécifique au BTP (art. L.3132-28 du Code du travail).

Récapitulatif par convention collective

ConventionBase horaireContingentParticularité
Bâtiment – Ouvriers petites entreprises
IDCC 1596
35h légal180h/anSemaine 39h très fréquente en pratique — 4 premières HS à +25 %
Bâtiment – Ouvriers grandes entreprises
IDCC 1597
35h légal180h/anSemaine 39h fréquente en pratique — 4 premières HS à +25 %
Travaux Publics – Ouvriers
IDCC 1702
35h légal180h/anChantiers souvent > 35h/sem ; RCR possible selon accord
Bâtiment – ETAM
IDCC 2609
35h légal220h/anAnnualisation du temps de travail possible par accord d'entreprise
Travaux Publics – ETAM
IDCC 2614
35h légal220h/anAnnualisation possible ; RCR fréquent selon accord
Bâtiment – Ingénieurs & Cadres
IDCC 2420
39h (inclus dans le salaire)HS à partir de la 40e heure ; cadres autonomes : forfait jours
Travaux Publics – Cadres
IDCC 3212
39h (inclus dans le salaire)HS à partir de la 40e heure ; forfait jours très répandu
Cabinets d'architecture
IDCC 2332
35h légal220h/anForfait jours pour les architectes cadres autonomes
Bureaux d'études techniques (Syntec)
IDCC 1486
37h ETAM / Forfait j. IC220h/an (ETAM)IC : forfait jours quasi-systématique (218j/an max)

Contingent légal : 220h/an (Code du travail L.3121-30). Accord national du 17 sept. 2014 (Bâtiment, ouvriers) : 180h. RCR = Repos Compensateur de Remplacement.

Simulateur d'heures supplémentaires — résultat indicatif
1 500 €8 000 €
Taux horaire : 14,51 €/h+25 % → 18,13 €/h+50 % → 21,76 €/h
1h20h
HS à +25 % : 4h/sem
HS à +50 % : 0h/sem

Gain brut/mois

+314

Gain net + exo (loi 2022)

+268

Gain net sans exo

+242

Salaire total (base + HS) / mois

Total brut

2 514

Total net + exo

1 973

Total net sans exo

1 947

Exonérées d'impôt sur le revenu — loi pouvoir d'achat du 16 août 2022 (plafond 7 500 €/an). Réduction de cotisations vieillesse salariales ~7,3 % incluse dans le calcul.

Taux horaire 14,51 €/h · contingent légal 180h/an (ouvriers) · 220h/an (ETAM/cadres) · calcul lissé sur 52/12 mois — estimation indicative.

Si vous travaillez régulièrement au-delà de 35h (ou 39h pour les cadres non-autonomes sous IDCC 2420/211) sans majoration ni ligne HS sur votre fiche de paie, et que vous n'êtes pas au forfait jours, vous pouvez réclamer le rappel de salaire sur les 3 dernières années.
Travail de nuit, dimanches et jours fériésBâtiment + TPTerrain

Des majorations spécifiques s'appliquent pour le travail nocturne, dominical et les jours fériés. Elles sont distinctes des heures supplémentaires et fixées par les conventions collectives BTP — sauf le 1er mai, seul jour légalement majoré à +100 %.

Obligatoire ?

Le 1er mai est le seul jour férié légalement majoré (+100 %) par le Code du travail. Pour les autres jours fériés, dimanches et nuits, les majorations dépendent de votre convention collective ou de votre accord d'entreprise — rien n'est garanti légalement au-delà du 1er mai sans texte conventionnel.

Qui paie ?

Votre employeur, sur votre fiche de paie. Ces majorations sont soumises aux cotisations sociales habituelles — elles ne bénéficient pas de l'exonération IR ni de la réduction de cotisations réservées aux heures supplémentaires.

Déclenchement

Automatique selon l'horaire effectif. Pour obtenir le statut de « travailleur de nuit » (droits renforcés : suivi médical, compensation obligatoire), il faut travailler au moins 2 fois par semaine pendant au moins 3h entre 21h et 6h, ou 270h de nuit sur 12 mois consécutifs.

Base de calcul

Taux indicatifs dans les conventions BTP (variables selon les accords régionaux et d'entreprise) — Travail de nuit : +25 % à +50 % selon la convention et la plage horaire. Dimanche travaillé : +50 % à +100 %. 1er mai : +100 % (légal, sans condition). Autres jours fériés : +50 % à +100 % selon la convention. Ces majorations s'appliquent sur le taux horaire brut de base.

Sur votre fiche de paie

Cherchez des lignes distinctes : "Maj. nuit", "Maj. dimanche", "Maj. jour férié" ou "Maj. 1er mai". Ces lignes sont séparées des heures supplémentaires. En cas de cumul (ex. nuit + HS le même soir), vérifiez votre convention : certaines prévoient le cumul, d'autres non.

Le travail de nuit concerne principalement les chantiers de voirie, réseaux souterrains, tunnels et opérations urgentes (IDCC 1702 – TP). Les conventions TP prévoient généralement des compensations plus élevées que le bâtiment pour les horaires nocturnes. Pour les dimanches, le travail est légalement dérogatoire dans le BTP pour les travaux urgents ou les chantiers soumis à contraintes horaires (tunnels, transports). En dehors de ces cas, une autorisation préfectorale est requise. Sur les jours fériés hors 1er mai : si votre entreprise fait travailler sans mention dans la convention ni accord d'entreprise, la majoration est à votre discrétion de négocier — mais rien ne l'oblige légalement. Vérifiez systématiquement votre convention (rubrique « jours fériés ») sur legifrance.gouv.fr.

Ne pas confondre les majorations pour travail de nuit/dimanche/fériés avec les heures supplémentaires : ce sont deux régimes distincts avec des bases légales différentes. En cas de cumul sur la même heure (ex. heure sup travaillée un dimanche de nuit), reportez-vous au texte de votre convention — les règles de cumul varient.
Forfait jours (cadres autonomes)Bâtiment + TPBureau

Mode d'organisation du temps de travail pour cadres autonomes : 218 jours/an maximum, sans comptage d'heures, avec des RTT en contrepartie.

Obligatoire ?

Non — c'est une option. Elle doit être expressément prévue dans votre contrat de travail ET dans un accord d'entreprise ou de branche. Sans les deux, elle ne s'applique pas.

Qui paie ?

Ce n'est pas une prime : c'est un mode de décompte du temps de travail. Aucun versement spécifique — le salaire reste mensuel, sans ligne d'heures supplémentaires.

Déclenchement

Prévu dans le contrat dès l'embauche (ou par avenant signé). Vous ne pouvez pas basculer en forfait jours sans accord des deux parties.

Base de calcul

Plafond légal : 218 jours travaillés par an. Si la convention prévoit un forfait inférieur (ex. 214 jours), vous bénéficiez de jours de RTT pour la différence.

Sur votre fiche de paie

Votre contrat mentionne "forfait annuel en jours". Il n'y a pas de ligne "heures supplémentaires" sur votre fiche de paie — c'est normal en forfait jours. Les repos obligatoires (11h quotidien, 35h hebdo) restent dus.

Le forfait jours remplace le décompte horaire, mais ne supprime pas vos droits au repos ni aux congés payés. Un entretien annuel obligatoire doit être réalisé par l'employeur pour s'assurer que la charge de travail est raisonnable. Si vous estimez que cette charge est excessive, vous pouvez le signaler lors de cet entretien ou contacter les représentants du personnel.

Le forfait jours doit être prévu par un accord d'entreprise ou de branche ET par le contrat de travail du salarié — il ne s'applique pas automatiquement à tous les cadres.
Prime de vacances (ETAM & Cadres)Bâtiment + TPBureau

Prime annuelle versée lors des congés d'été, prévue dans les conventions ETAM et Cadres BTP. Les ouvriers n'en bénéficient pas (sauf accord d'entreprise plus favorable).

Obligatoire ?

Oui pour les ETAM et cadres BTP — prévue dans les conventions ETAM (IDCC 2609, 2614) et Cadres (IDCC 2420, 211). Non applicable aux ouvriers, sauf accord d'entreprise.

Qui paie ?

Votre employeur, généralement en mai ou juin lors de la prise des congés principaux d'été.

Déclenchement

Automatique — liée à la prise des congés d'été. Aucune demande nécessaire de votre part.

Base de calcul

Pourcentage des indemnités de congés payés perçues dans l'année (taux variable selon la convention). S'ajoute aux indemnités CIBTP — ce sont deux versements distincts.

Sur votre fiche de paie

Cherchez "Prime de vacances" sur votre bulletin de mai ou juin. Versée une fois par an. Si vous êtes ETAM ou cadre BTP et ne la voyez pas, demandez à votre RH.

La prime de vacances est distincte des indemnités de congés payés versées par la CIBTP : l'une vient de votre employeur, l'autre de la caisse. Vous avez donc deux sources de revenu pendant vos congés d'été si vous êtes ETAM ou cadre. Attention : les ouvriers BTP ne bénéficient pas de cette prime dans le texte conventionnel de base — sauf si votre accord d'entreprise est plus favorable.

Mutuelle collective (PRO BTP)Bâtiment + TPTerrain + Bureau

Depuis 2016, tout employeur doit vous proposer une mutuelle collective. Dans le BTP, PRO BTP est l'organisme de référence — l'employeur paie au moins 50 % de la cotisation.

Obligatoire ?

Oui — obligation légale depuis le 1er janvier 2016 (ANI 2013). Tout employeur, quelle que soit sa taille, doit proposer une complémentaire santé collective.

Qui paie ?

Employeur (50 % minimum) + vous pour le reste. La part patronale est un avantage exonéré de cotisations sociales dans les limites légales — c'est un gain net pour vous.

Déclenchement

Automatique dès l'embauche. L'employeur doit vous remettre une notice d'information. Vous pouvez demander une dispense si vous êtes déjà couvert à titre individuel par ailleurs — mais c'est une option, pas une obligation.

Base de calcul

La cotisation totale est fixée par l'accord de branche ou d'entreprise. Votre part est prélevée chaque mois sur votre salaire. Plus la couverture est étendue (optique, dentaire, hospitalisation…), plus la cotisation est élevée.

Sur votre fiche de paie

Cherchez deux lignes : "Mutuelle" ou "Complémentaire santé" (votre part salariale) et la contribution patronale. La part employeur figure parfois dans un bloc "Prévoyance employeur" séparé.

PRO BTP est l'organisme paritaire de référence du BTP : il couvre à la fois la complémentaire santé et la prévoyance (arrêt maladie longue durée, invalidité, décès). En cas d'arrêt maladie, PRO BTP peut compléter les indemnités journalières de la Sécurité sociale pour maintenir une partie de votre salaire net. Vérifiez votre contrat de prévoyance — certains niveaux de couverture incluent aussi le conjoint et les enfants.

Indemnité de fin de chantier (IFC)Bâtiment + TPTerrain

Indemnité versée à la fin d'un contrat de chantier quand l'employeur ne peut pas proposer un autre poste. Spécificité BTP peu connue — souvent non réclamée.

Obligatoire ?

Oui, dès que les conditions sont réunies (fin de chantier + pas de reclassement possible). Prévu par les conventions collectives BTP et le Code du travail (art. L. 1236-8).

Qui paie ?

Votre employeur, au moment du solde de tout compte.

Déclenchement

À la fin du chantier, si l'employeur ne peut pas proposer un autre poste. N'est pas versé automatiquement — vérifiez votre solde de tout compte et réclamez-la si elle est absente.

Base de calcul

Pour un CDD de chantier : 10 % des salaires bruts perçus pendant le contrat (même règle que la prime de précarité CDD classique). Pour un CDI de chantier (spécificité BTP) : indemnité fixée par les conventions collectives selon l'ancienneté.

Sur votre fiche de paie

N'apparaît pas sur les fiches de paie courantes. Versée sur le document "Solde de tout compte" à la rupture du contrat. Vérifiez ce document ligne par ligne avant de le signer.

Le contrat de chantier (ou CDI de chantier) est une spécificité légale du BTP : il peut se terminer à la fin d'un chantier sans être considéré comme un licenciement abusif, à condition que l'employeur ne puisse pas vous reclasser sur un autre chantier. L'IFC compense cette précarité structurelle du secteur. Si vous signez le solde de tout compte sans avoir vérifié la présence de l'IFC, vous avez 6 mois pour le contester — passé ce délai, le document est libératoire.

Si votre solde de tout compte ne mentionne pas d'IFC et que vous étiez en contrat de chantier, réclamez-la par écrit avant de signer. Une fois signé sans réserve, le recours devient plus difficile.

Une prime absente de votre fiche de paie ? Voici quoi faire

  1. 1
    Demandez par écrit à votre employeur — email ou lettre avec accusé de réception. Mentionnez la prime, le numéro IDCC de votre convention et la date à partir de laquelle vous y avez droit. L'écrit crée une trace et oblige une réponse.
  2. 2
    Contactez un syndicat ou les représentants du personnel — CFE-CGC, CGT, CFDT et FO ont tous des sections spécialisées BTP. Ils peuvent vous conseiller gratuitement et intervenir auprès de l'employeur sans vous exposer.
  3. 3
    Saisissez l'inspection du travail (DREETS) — via signal.travail.gouv.fr. L'employeur ne peut légalement pas vous sanctionner pour ce signalement. Les sommes non versées peuvent être réclamées jusqu'à 3 ans en arrière.

Les sommes dues au titre des conventions collectives se prescrivent par 3 ans — vous pouvez réclamer le rappel de salaire pour les 36 derniers mois, même après avoir quitté l'entreprise.

Les montants exacts sont fixés par avenant paritaire et mis à jour périodiquement. Consultez le texte de votre convention sur legifrance.gouv.fr ou contactez votre syndicat pour les grilles en vigueur.

D'autres avantages peuvent s'ajouter

Mutuelle obligatoire, 13e mois, participation aux bénéfices, intéressement, remboursement transport… Ces avantages proviennent du Code du travail ou d'accords d'entreprise, pas des CCN ci-dessus.

Voir tout →

Consulter le texte officiel

Recherchez votre IDCC sur legifrance.gouv.fr, rubrique "Conventions collectives"

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