Au niveau I, la grille décide rarement du salaire. Dans 12 régions sur 13, le montant négocié pour le coefficient 150 reste inférieur au SMIC en vigueur (1 867,02 € brut par mois pour 35 heures), et c'est donc le SMIC qui fixe la paie. Au coefficient 170, seules Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Corse et PACA placent leur minimum au-dessus du plancher légal. Ce qui sépare les deux positions se lit moins sur le bulletin que dans la description du travail : la forme des consignes, l'intensité du contrôle, les connaissances mises en œuvre.
N1P1, coefficient 150 : ouvriers d'exécution
« Les ouvriers de niveau I/1 effectuent des travaux de simple exécution, ne nécessitant pas de connaissances particulières, selon des consignes précises et faisant l'objet d'un contrôle constant. »
| Contenu de l'activité | « Travaux de simple exécution selon des consignes précises. » |
|---|---|
| Autonomie et initiative | « Contrôle constant. » |
| Technicité | « Sans mise en oeuvre de connaissances particulières. » |
| Formation, adaptation et expérience | « Simple adaptation aux conditions générales de travail. » |
« Niveau d'accueil des ouvriers sans formation, ni spécialisation. »
N1P2, coefficient 170 : ouvriers d'exécution
« Les ouvriers de niveau I/2 effectuent des travaux simples, sans difficultés particulières, sous contrôle fréquent. Dans cette limite, ils sont responsables de la bonne exécution de leur travail et peuvent être amenés à prendre certaines initiatives élémentaires. »
| Contenu de l'activité | « Travaux simples, sans difficultés particulières. » |
|---|---|
| Autonomie et initiative | « Contrôle fréquent. Initiatives élémentaires. Responsable de leur bonne exécution. » |
| Technicité | « Première spécialisation dans l'emploi. » |
| Formation, adaptation et expérience | « Initiation professionnelle. » |
« L'initiation professionnelle […] s'entend notamment du fait pour un ouvrier d'avoir régulièrement préparé dans une entreprise un diplôme de niveau V de l'éducation nationale, et à l'issue du cycle de formation de s'être présenté à l'examen, sans l'avoir obtenu. »
Du N1P1 au N1P2, les quatre critères bougent ensemble. Les « consignes précises » laissent place à des « travaux simples, sans difficultés particulières ». Le « contrôle constant » devient « fréquent » et admet des « initiatives élémentaires », l'ouvrier répondant désormais de la bonne exécution de ce qu'il fait. Là où le N1P1 travaille « sans mise en oeuvre de connaissances particulières », le N1P2 a acquis une « première spécialisation dans l'emploi ».
Vers le N2 : d'une position à l'autre
| Critère | N1P1 · 150 | N1P2 · 170 | N2 · 185 |
|---|---|---|---|
| Contenu de l'activité | Travaux de simple exécution selon des consignes précises. | Travaux simples, sans difficultés particulières. | Travaux courants de sa spécialité réalisés à partir de directives générales. |
| Autonomie et initiative | Contrôle constant. | Contrôle fréquent. Initiatives élémentaires. Responsable de leur bonne exécution. | Contrôle ponctuel. Initiative dans le choix des moyens. |
| Technicité | Sans mise en oeuvre de connaissances particulières. | Première spécialisation dans l'emploi. | Connaissances techniques de base de son métier. Respect des règles professionnelles. |
| Formation, adaptation et expérience | Simple adaptation aux conditions générales de travail. | Initiation professionnelle. | Formation professionnelle reconnue (diplôme bâtiment de niveau V de l'éducation nationale) ou expérience équivalente. |
Le passage au N2 change le vocabulaire du texte. Il n'est plus question de travaux simples mais de « travaux courants de sa spécialité », exécutés à partir de directives générales, sous un contrôle devenu « ponctuel ». La formation attendue cesse d'être une initiation : c'est un diplôme bâtiment de niveau V ou une « expérience équivalente », ce qui place au N2 l'ouvrier qui fait habituellement ce travail, CAP ou non.
Minimum 2026 région par région
| Région | N1P1 grille | N1P2 grille | N1P1 applicable | N1P2 applicable | N1P1 horaire | N1P2 horaire | En vigueur depuis |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Auvergne-Rhône-Alpes | 1 824,00 € | 1 864,00 € | 1 867,02 €SMIC | 1 867,02 €SMIC | 12,31 € | 12,31 € | 1er janvier 2026 |
| Bourgogne-Franche-Comté | 1 850,00 € | 1 868,00 € | 1 867,02 €SMIC | 1 868,00 € | 12,31 € | 12,32 € | 1er juillet 2026 |
| Bretagne | 1 863,43 € | 1 868,17 € | 1 867,02 €SMIC | 1 868,17 € | 12,31 € | 12,32 € | 1er janvier 2026 |
| Centre-Val de Loire | 1 823,00 € | 1 863,00 € | 1 867,02 €SMIC | 1 867,02 €SMIC | 12,31 € | 12,31 € | 1er mai 2026 |
| Corse | 1 827,10 € | 1 870,60 € | 1 867,02 €SMIC | 1 870,60 € | 12,31 € | 12,33 € | 1er avril 2026 |
| Grand Est * | 1 802,80 € | 1 864,76 € | 1 867,02 €SMIC | 1 867,02 €SMIC | 12,31 € | 12,31 € | 1er mars 2025 |
| Hauts-de-France | 1 832,00 € | 1 857,00 € | 1 867,02 €SMIC | 1 867,02 €SMIC | 12,31 € | 12,31 € | 1er janvier 2026 |
| Île-de-France | 1 843,00 € | 1 855,00 € | 1 867,02 €SMIC | 1 867,02 €SMIC | 12,31 € | 12,31 € | 5 février 2026 |
| Normandie | 1 823,03 € | 1 845,73 € | 1 867,02 €SMIC | 1 867,02 €SMIC | 12,31 € | 12,31 € | 1er avril 2026 |
| Nouvelle-Aquitaine | 1 838,24 € | 1 862,51 € | 1 867,02 €SMIC | 1 867,02 €SMIC | 12,31 € | 12,31 € | 1er janvier 2026 |
| Occitanie | 1 836,33 € | 1 851,80 € | 1 867,02 €SMIC | 1 867,02 €SMIC | 12,31 € | 12,31 € | 1er mai 2026 |
| PACA | 1 900,00 € | 1 930,00 € | 1 900,00 € | 1 930,00 € | 12,53 € | 12,72 € | 1er septembre 2026 |
| Pays de la Loire | 1 832,17 € | 1 850,37 € | 1 867,02 €SMIC | 1 867,02 €SMIC | 12,31 € | 12,31 € | 1er mars 2026 |
| Centre-Val de Loire (> 10 salariés) | 1 823,00 € | 1 853,00 € | 1 867,02 €SMIC | 1 867,02 €SMIC | 12,31 € | 12,31 € | 1er mai 2026 |
- Base : 151,67 heures par mois, 35 heures par semaine. SMIC en vigueur : 1 867,02 € brut.
- Net estimé avant impôt : prévoyance conventionnelle déduite, mutuelle non déduite.
- * Accord le plus récent relevé, maintenu faute de texte postérieur.
- Accords relus sur Légifrance le 18 octobre 2026. Toutes les régions : grille salariale BTP.
Y entrer, en sortir
Aucun diplôme n'ouvre le niveau I : la convention y range ceux qui arrivent sans formation ni spécialisation. Elle protège en revanche l'ouvrier qui a préparé un diplôme de niveau V dans l'entreprise et échoué à l'examen : l'article 12.43 le classe au moins en N1P2, coefficient 170, et non au premier échelon.
Deux voies mènent plus haut. La première est le travail lui-même : l'article 12.63 impose la promotion dès que les tâches de la position supérieure sont accomplies « d'une façon habituelle », des tâches occasionnelles restant sans effet. La seconde est le diplôme : un CAP ou un BEP du bâtiment classe au N2 (art. 12.41), mais s'il a été obtenu en formation continue à l'initiative du salarié, ce classement n'intervient qu'après la période probatoire et « dans la limite des emplois disponibles ». La majoration de polyvalence de l'article 12.5 ne concerne pas ce niveau.
Textes
- Convention des ouvriers du bâtiment, art. 12.2 (critères, étendu).
- Art. 12.3 (coefficients).
- Art. 12.4 (classement selon le diplôme).
- Art. 12.6 (promotion).
- Guide d'utilisation (non étendu).
Critères relus le 29 septembre 2026.
Ces montants sont des minima tirés des accords régionaux et du SMIC, donnés à titre indicatif et non contractuels. Ils ne disent ni quel salaire vous est personnellement dû ni à quelle position vous devriez être classé, et ne constituent pas un conseil juridique ; un accord d'entreprise ou votre contrat peuvent prévoir davantage.
