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N1P1 et N1P2 : le niveau I des ouvriers du bâtiment en 2026

Coefficients 150 et 170 : ce que la convention décrit à chaque position, et le minimum qui s'applique vraiment dans chaque région

Au niveau I, la grille décide rarement du salaire. Dans 12 régions sur 13, le montant négocié pour le coefficient 150 reste inférieur au SMIC en vigueur (1 867,02 € brut par mois pour 35 heures), et c'est donc le SMIC qui fixe la paie. Au coefficient 170, seules Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Corse et PACA placent leur minimum au-dessus du plancher légal. Ce qui sépare les deux positions se lit moins sur le bulletin que dans la description du travail : la forme des consignes, l'intensité du contrôle, les connaissances mises en œuvre.

N1P1, coefficient 150 : ouvriers d'exécution

« Les ouvriers de niveau I/1 effectuent des travaux de simple exécution, ne nécessitant pas de connaissances particulières, selon des consignes précises et faisant l'objet d'un contrôle constant. »
Définition du niveau, art. 12.2
Critères de classement de la position N1P1
Contenu de l'activité« Travaux de simple exécution selon des consignes précises. »
Autonomie et initiative« Contrôle constant. »
Technicité« Sans mise en oeuvre de connaissances particulières. »
Formation, adaptation et expérience« Simple adaptation aux conditions générales de travail. »
« Niveau d'accueil des ouvriers sans formation, ni spécialisation. »
Guide d'utilisation de la classification (commentaire des signataires, non étendu)

N1P2, coefficient 170 : ouvriers d'exécution

« Les ouvriers de niveau I/2 effectuent des travaux simples, sans difficultés particulières, sous contrôle fréquent. Dans cette limite, ils sont responsables de la bonne exécution de leur travail et peuvent être amenés à prendre certaines initiatives élémentaires. »
Définition du niveau, art. 12.2
Critères de classement de la position N1P2
Contenu de l'activité« Travaux simples, sans difficultés particulières. »
Autonomie et initiative« Contrôle fréquent. Initiatives élémentaires. Responsable de leur bonne exécution. »
Technicité« Première spécialisation dans l'emploi. »
Formation, adaptation et expérience« Initiation professionnelle. »
« L'initiation professionnelle […] s'entend notamment du fait pour un ouvrier d'avoir régulièrement préparé dans une entreprise un diplôme de niveau V de l'éducation nationale, et à l'issue du cycle de formation de s'être présenté à l'examen, sans l'avoir obtenu. »
Guide d'utilisation de la classification (commentaire des signataires, non étendu)

Du N1P1 au N1P2, les quatre critères bougent ensemble. Les « consignes précises » laissent place à des « travaux simples, sans difficultés particulières ». Le « contrôle constant » devient « fréquent » et admet des « initiatives élémentaires », l'ouvrier répondant désormais de la bonne exécution de ce qu'il fait. Là où le N1P1 travaille « sans mise en oeuvre de connaissances particulières », le N1P2 a acquis une « première spécialisation dans l'emploi ».

Vers le N2 : d'une position à l'autre

Comparaison des critères
CritèreN1P1 · 150N1P2 · 170N2 · 185
Contenu de l'activitéTravaux de simple exécution selon des consignes précises.Travaux simples, sans difficultés particulières.Travaux courants de sa spécialité réalisés à partir de directives générales.
Autonomie et initiativeContrôle constant.Contrôle fréquent. Initiatives élémentaires. Responsable de leur bonne exécution.Contrôle ponctuel. Initiative dans le choix des moyens.
TechnicitéSans mise en oeuvre de connaissances particulières.Première spécialisation dans l'emploi.Connaissances techniques de base de son métier. Respect des règles professionnelles.
Formation, adaptation et expérienceSimple adaptation aux conditions générales de travail.Initiation professionnelle.Formation professionnelle reconnue (diplôme bâtiment de niveau V de l'éducation nationale) ou expérience équivalente.

Le passage au N2 change le vocabulaire du texte. Il n'est plus question de travaux simples mais de « travaux courants de sa spécialité », exécutés à partir de directives générales, sous un contrôle devenu « ponctuel ». La formation attendue cesse d'être une initiation : c'est un diplôme bâtiment de niveau V ou une « expérience équivalente », ce qui place au N2 l'ouvrier qui fait habituellement ce travail, CAP ou non.

Minimum 2026 région par région

Minimum brut mensuel, taux horaire et net estimé par région pour N1P1 et N1P2
RégionN1P1 grilleN1P2 grilleN1P1 applicableN1P2 applicableN1P1 horaireN1P2 horaireEn vigueur depuis
Auvergne-Rhône-Alpes1 824,00 €1 864,00 €1 867,02 €SMIC1 867,02 €SMIC12,31 €12,31 €1er janvier 2026
Bourgogne-Franche-Comté1 850,00 €1 868,00 €1 867,02 €SMIC1 868,00 €12,31 €12,32 €1er juillet 2026
Bretagne1 863,43 €1 868,17 €1 867,02 €SMIC1 868,17 €12,31 €12,32 €1er janvier 2026
Centre-Val de Loire1 823,00 €1 863,00 €1 867,02 €SMIC1 867,02 €SMIC12,31 €12,31 €1er mai 2026
Corse1 827,10 €1 870,60 €1 867,02 €SMIC1 870,60 €12,31 €12,33 €1er avril 2026
Grand Est *1 802,80 €1 864,76 €1 867,02 €SMIC1 867,02 €SMIC12,31 €12,31 €1er mars 2025
Hauts-de-France1 832,00 €1 857,00 €1 867,02 €SMIC1 867,02 €SMIC12,31 €12,31 €1er janvier 2026
Île-de-France1 843,00 €1 855,00 €1 867,02 €SMIC1 867,02 €SMIC12,31 €12,31 €5 février 2026
Normandie1 823,03 €1 845,73 €1 867,02 €SMIC1 867,02 €SMIC12,31 €12,31 €1er avril 2026
Nouvelle-Aquitaine1 838,24 €1 862,51 €1 867,02 €SMIC1 867,02 €SMIC12,31 €12,31 €1er janvier 2026
Occitanie1 836,33 €1 851,80 €1 867,02 €SMIC1 867,02 €SMIC12,31 €12,31 €1er mai 2026
PACA1 900,00 €1 930,00 €1 900,00 €1 930,00 €12,53 €12,72 €1er septembre 2026
Pays de la Loire1 832,17 €1 850,37 €1 867,02 €SMIC1 867,02 €SMIC12,31 €12,31 €1er mars 2026
Centre-Val de Loire (> 10 salariés)1 823,00 €1 853,00 €1 867,02 €SMIC1 867,02 €SMIC12,31 €12,31 €1er mai 2026
  • Base : 151,67 heures par mois, 35 heures par semaine. SMIC en vigueur : 1 867,02 € brut.
  • Net estimé avant impôt : prévoyance conventionnelle déduite, mutuelle non déduite.
  • * Accord le plus récent relevé, maintenu faute de texte postérieur.
  • Accords relus sur Légifrance le 18 octobre 2026. Toutes les régions : grille salariale BTP.

Y entrer, en sortir

Aucun diplôme n'ouvre le niveau I : la convention y range ceux qui arrivent sans formation ni spécialisation. Elle protège en revanche l'ouvrier qui a préparé un diplôme de niveau V dans l'entreprise et échoué à l'examen : l'article 12.43 le classe au moins en N1P2, coefficient 170, et non au premier échelon.

Deux voies mènent plus haut. La première est le travail lui-même : l'article 12.63 impose la promotion dès que les tâches de la position supérieure sont accomplies « d'une façon habituelle », des tâches occasionnelles restant sans effet. La seconde est le diplôme : un CAP ou un BEP du bâtiment classe au N2 (art. 12.41), mais s'il a été obtenu en formation continue à l'initiative du salarié, ce classement n'intervient qu'après la période probatoire et « dans la limite des emplois disponibles ». La majoration de polyvalence de l'article 12.5 ne concerne pas ce niveau.

Textes

Critères relus le 29 septembre 2026.

Ces montants sont des minima tirés des accords régionaux et du SMIC, donnés à titre indicatif et non contractuels. Ils ne disent ni quel salaire vous est personnellement dû ni à quelle position vous devriez être classé, et ne constituent pas un conseil juridique ; un accord d'entreprise ou votre contrat peuvent prévoir davantage.

Questions fréquentes

Un ouvrier N1P1 peut-il être payé au montant de la grille quand il est sous le SMIC ?

Non. Le SMIC s'impose à toute paie, quel que soit le coefficient : là où la grille régionale du coefficient 150 descend plus bas (12 régions sur 13), l'employeur doit verser au moins 1 867,02 € brut par mois pour un temps plein de 35 heures.

Qu'est-ce qui fait passer du N1P1 au N1P2 ?

Le contenu du travail et le contrôle qui l'entoure, pas l'ancienneté. Le N1P2 exécute des travaux simples sous un contrôle fréquent et peut prendre des initiatives élémentaires, là où le N1P1 suit des consignes précises sous un contrôle constant. Dès que ces travaux deviennent habituels, la promotion est due (art. 12.63).

Quelle différence de salaire entre N1P1 et N1P2 en 2026 ?

Souvent aucune : dans 9 régions sur 13, les deux positions tombent sous le SMIC et se retrouvent au même plancher. L'écart le plus large, 30,00 € brut par mois, se trouve en PACA.