Avec le coefficient 270, la grille ouvrière du bâtiment atteint son plafond. Le minimum mensuel y va de 2 412,00 € en Centre-Val de Loire à 2 756,00 € en PACA, soit 344,00 € d'écart pour la même position. Au-delà, il n'existe plus de position ouvrière : la suite se lit dans la classification des ETAM, qui relève d'une autre convention.
N4P2, coefficient 270 : maîtres-ouvriers ou chefs d'équipe
« Les ouvriers de niveau IV/2 : soit réalisent, avec une large autonomie, les travaux les plus délicats de leur métier ; soit assurent de manière permanente la conduite et l'animation d'une équipe. »
| Contenu de l'activité | « Travaux les plus délicats de son métier, ou assure de manière permanente la conduite et l'animation d'une équipe composée d'ouvriers de tous niveaux. » |
|---|---|
| Autonomie et initiative | « Large autonomie dans son métier. Dans la limite des attributions définies par le chef d'entreprise, sous l'autorité de sa hiérarchie et dans le cadre de ses fonctions, responsabilités dans la réalisation des travaux et missions de représentation auprès des tiers. » |
| Technicité | « Parfaite maîtrise de son métier et connaissance de techniques connexes, lui permettant d'assurer les travaux relevant de celles-ci. » |
| Formation, adaptation et expérience | « Formation professionnelle reconnue (diplôme bâtiment de niveau IV de l'éducation nationale) et/ou très solide expérience. S'adapte de manière constante aux techniques et équipements nouveaux, notamment par une formation continue appropriée. Tutorat éventuel des apprentis et des nouveaux embauchés. » |
« Filière a : travaux les plus délicats de leur métier. Filière b : conduite et animation permanente d'une équipe. »
Entre N4P1 et ETAM E : d'une position à l'autre
| Critère | N4P1 · 250 | N4P2 · 270 | ETAM E |
|---|---|---|---|
| Contenu de l'activité | A partir de directives d'organisation générale : travaux complexes de son métier, ou organise le travail des ouvriers constituant l'équipe appelée à l'assister et en assure la conduite. | Travaux les plus délicats de son métier, ou assure de manière permanente la conduite et l'animation d'une équipe composée d'ouvriers de tous niveaux. | Réalise des travaux d'exécution, de contrôle, d'organisation, d'études... ou Exerce un commandement sur les salariés placés sous son autorité. Résout des problèmes à partir de méthodes et techniques préétablies. Peut transmettre ses connaissances. |
| Autonomie et initiative | Autonomie dans son métier exercée sous l'autorité de sa hiérarchie. Initiatives relatives à la réalisation technique des tâches à effectuer. Missions de représentation correspondantes. | Large autonomie dans son métier. Dans la limite des attributions définies par le chef d'entreprise, sous l'autorité de sa hiérarchie et dans le cadre de ses fonctions, responsabilités dans la réalisation des travaux et missions de représentation auprès des tiers. | Agit dans le cadre d'instructions permanentes et/ou de délégations dans un domaine d'activités strictement défini. Est amené à prendre une part d'initiatives, de responsabilités et d'animation. Echange des informations avec des interlocuteurs externes occasionnels. Effectue des démarches courantes. Veille à faire respecter l'application des règles de sécurité. |
| Technicité | Parfaite maîtrise de son métier et technicité affirmée. Capable de diversifier ses connaissances professionnelles, y compris dans techniques connexes. | Parfaite maîtrise de son métier et connaissance de techniques connexes, lui permettant d'assurer les travaux relevant de celles-ci. | Connaissance des principaux aspects techniques et savoir-faire de sa spécialité professionnelle. Bonne technicité dans sa spécialité. Se tient à jour dans sa spécialité. |
| Formation, adaptation et expérience | Formation professionnelle reconnue (diplôme bâtiment de niveau IV de l'éducation nationale) et/ou solide expérience. S'adapte aux techniques et équipements nouveaux, notamment par une formation continue appropriée. Tutorat éventuel des apprentis et des nouveaux embauchés. | Formation professionnelle reconnue (diplôme bâtiment de niveau IV de l'éducation nationale) et/ou très solide expérience. S'adapte de manière constante aux techniques et équipements nouveaux, notamment par une formation continue appropriée. Tutorat éventuel des apprentis et des nouveaux embauchés. | Expérience acquise en niveau D ou en niveau IV de la classification ouvriers bâtiment et niveaux III et IV de la classification Ouvriers TP ou Formation générale, technologique ou professionnelle ou Diplôme de l'enseignement technologique ou professionnel de niveau BTS, DUT, DEUG, licence professionnelle. |
Du N4P1 au N4P2, la convention garde les deux filières mais relève chaque exigence. La technique passe des travaux complexes aux travaux « les plus délicats », avec une large autonomie. L'encadrement devient permanent et s'accompagne d'une mission d'animation. La technicité inclut des techniques connexes « lui permettant d'assurer les travaux relevant de celles-ci », et la formation attendue parle d'une « très solide expérience ».
Le niveau E des ETAM, première position des techniciens et agents de maîtrise, relève de la convention des ETAM du bâtiment (IDCC 2609). Son critère de formation cite l'expérience acquise au niveau IV de la classification des ouvriers du bâtiment. Le travail change de registre : exécution, contrôle, organisation ou études, ou commandement sur des salariés placés sous son autorité, avec des problèmes à résoudre à partir de méthodes et techniques préétablies. Passer au niveau E ne garantit pas un minimum plus élevé : dans 12 régions sur 13, le minimum ETAM E est inférieur à celui du coefficient 270.
Minimum 2026 région par région
| Région | Grille | Minimum applicable | Taux horaire | Net estimé | Écart avec N4P1 | Minimum ETAM E | Polyvalence (art. 12.5) | En vigueur depuis |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Auvergne-Rhône-Alpes | 2 597,13 € | 2 597,13 € | 17,12 € | 2 033,28 € | +147,86 € | 2 377,33 € (−219,80 €) | 2 856,84 € | 1er janvier 2026 |
| Bourgogne-Franche-Comté | 2 518,00 € | 2 518,00 € | 16,60 € | 1 971,34 € | +146,00 € | 2 428,00 € (−90,00 €) | 2 769,80 € | 1er juillet 2026 |
| Bretagne | 2 574,41 € | 2 574,41 € | 16,97 € | 2 015,50 € | +169,87 € | 2 368,00 € (−206,41 €) | 2 831,85 € | 1er janvier 2026 |
| Centre-Val de Loire | 2 412,00 € | 2 412,00 € | 15,90 € | 1 888,35 € | +119,00 € | 2 448,00 € (+36,00 €) | 2 653,20 € | 1er mai 2026 |
| Corse | 2 622,44 € | 2 622,44 € | 17,29 € | 2 053,09 € | +173,84 € | 2 328,77 € (−293,67 €) | 2 884,68 € | 1er avril 2026 |
| Grand Est * | 2 578,38 € | 2 578,38 € | 17,00 € | 2 018,61 € | +183,60 € | 2 483,08 € (−95,30 €) | 2 836,22 € | 1er mars 2025 |
| Hauts-de-France | 2 650,00 € | 2 650,00 € | 17,47 € | 2 074,66 € | +181,00 € | 2 451,00 € (−199,00 €) | 2 915,00 € | 1er janvier 2026 |
| Île-de-France | 2 510,00 € | 2 510,00 € | 16,55 € | 1 965,06 € | +218,00 € | 2 407,00 € (−103,00 €) | 2 761,00 € | 5 février 2026 |
| Normandie | 2 527,04 € | 2 527,04 € | 16,66 € | 1 978,41 € | +146,81 € | 2 493,65 € (−33,39 €) | 2 779,74 € | 1er avril 2026 |
| Nouvelle-Aquitaine | 2 560,19 € | 2 560,19 € | 16,88 € | 2 004,36 € | +160,77 € | 2 368,73 € (−191,46 €) | 2 816,21 € | 1er janvier 2026 |
| Occitanie | 2 547,01 € | 2 547,01 € | 16,79 € | 1 994,05 € | +166,91 € | 2 462,01 € (−85,00 €) | 2 801,71 € | 1er mai 2026 |
| PACA | 2 756,00 € | 2 756,00 € | 18,17 € | 2 157,67 € | +175,00 € | 2 554,40 € (−201,60 €) | 3 031,60 € | 1er septembre 2026 |
| Pays de la Loire | 2 607,21 € | 2 607,21 € | 17,19 € | 2 041,17 € | +182,01 € | 2 393,48 € (−213,73 €) | 2 867,93 € | 1er mars 2026 |
| Centre-Val de Loire (> 10 salariés) | 2 400,00 € | 2 400,00 € | 15,82 € | 1 878,96 € | +117,00 € | — (—) | 2 640,00 € | 1er mai 2026 |
- Base : 151,67 heures par mois, 35 heures par semaine. SMIC en vigueur : 1 867,02 € brut.
- Net estimé avant impôt : prévoyance conventionnelle déduite, mutuelle non déduite.
- * Accord le plus récent relevé, maintenu faute de texte postérieur.
- Accords relus sur Légifrance le 18 octobre 2026. Toutes les régions : grille salariale BTP.
Y entrer, en sortir
Aucun diplôme n'y conduit directement. On y accède depuis le N4P1, dès que les travaux les plus délicats ou la conduite permanente d'une équipe deviennent la règle du poste (art. 12.63).
Entreprises de 10 salariés au plus (IDCC 1596). Niveau IV : « par délégation du chef d'entreprise » au lieu de « Sous l'autorité de leur hiérarchie ».
Deux évolutions restent ouvertes. La polyvalence de l'article 12.5 porte le minimum à 110 % du salaire conventionnel du coefficient 270 pour qui met habituellement en œuvre deux spécialités reconnues. Et le passage vers la technique ou la maîtrise, côté ETAM, dont le niveau E retient l'expérience du niveau IV ouvrier parmi ses voies d'accès, au même rang qu'un BTS ou un DUT.
Sur les fiches métier : chef de chantier : ouvrier ou ETAM, et quel minimum.
Textes
- Convention des ouvriers du bâtiment, art. 12.2 (critères, étendu).
- Art. 12.3 (coefficients).
- Art. 12.4 (classement selon le diplôme).
- Art. 12.5 (polyvalence).
- Art. 12.6 (promotion).
- Guide d'utilisation (non étendu).
- Avenant ETAM n° 1 du 26 septembre 2007, art. 1er.
Critères relus le 29 septembre 2026.
Minima indicatifs et non contractuels, issus des accords régionaux ouvriers et ETAM relus sur Légifrance. La comparaison avec le niveau E rapproche deux conventions différentes : elle ne constitue ni une promesse de salaire ni un conseil d'évolution.
