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Primes et indemnités BTP 2026 : panier, déplacements, heures supp et ancienneté

Sur un chantier, le salaire de base n'est qu'une partie de la paie. Le repas, la route jusqu'au chantier, les nuits passées loin de chez soi, l'usure des outils, les heures qui débordent ou les jours de gel : chacun ouvre droit à une indemnité, fixée tantôt par la loi, tantôt par les accords de branche du bâtiment. Voici à quoi elles correspondent, qui les verse et où trouver les montants à jour.

Le panier repas

L'indemnité de repas — le « panier » — compense le fait de déjeuner sur le chantier plutôt qu'à la cantine de l'entreprise. Son montant n'est pas national : il est négocié région par région par les accords FFB rattachés à la convention des ouvriers (IDCC 1596/1597). L'URSSAF, elle, fixe un plafond d'exonération de cotisations de 10,40 €/jour en 2026 ; au-delà, la part excédentaire est soumise à charges.

Détail des indemnités de petits déplacements →

Trajet et transport

Deux indemnités distinctes, souvent confondues. L'indemnité de trajet compense la sujétion du déplacement jusqu'au chantier, sans payer le temps de trajet lui-même (celui-ci suit ses propres règles, art. L3121-4 du Code du travail) ; l'indemnité de transport couvre les frais du déplacement lui-même. Toutes deux suivent un découpage en zones concentriques autour du point de rattachement de l'entreprise : plus le chantier est loin, plus la zone — et le montant — grimpent. Les barèmes sont fixés par les accords régionaux du bâtiment et réévalués chaque année.

Barème par zone et conditions →

Le grand déplacement

Quand le chantier est trop éloigné pour rentrer dormir chez soi, on bascule en grand déplacement : l'employeur prend en charge le logement et les repas. Les plafonds URSSAF d'exonération au 1ᵉʳ janvier 2026 servent de repère : 56,80 €/nuit (logement + petit-déjeuner) en province, 76,60 €/nuit à Paris et en petite couronne (75, 92, 93, 94) pour les trois premiers mois, et 21,40 € par repaspris au restaurant. Au-delà de ces seuils, l'excédent est soumis à cotisations.

Simulateur grand déplacement (nuits, repas, retours) →

La prime d'outillage

Versée aux compagnons qui utilisent leurs propres outils, elle compense l'usure et le renouvellement du petit matériel. C'est une indemnité conventionnelle, d'un montant modeste et variable selon les accords ; elle ne se cumule pas avec la fourniture intégrale de l'outillage par l'entreprise. Son régime figure dans la convention collective applicable au métier. Voir les conventions du BTP →

La prime de salissure

Elle couvre l'entretien et le nettoyage des vêtements de travail salis sur les chantiers particulièrement exposés (enrobés, peinture, démolition…). Comme l'outillage, c'est une prime de branche : elle disparaît lorsque l'employeur fournit et entretient lui-même les tenues. Son montant et ses conditions dépendent de l'accord régional dont relève le salarié.

À ne pas confondre avec la prime de chantier, versée à l'avancement ou à la livraison : aucun texte ne la crée, mais elle devient exigible dès que le contrat, un accord ou un usage d'entreprise la prévoit, et elle entre alors dans l'assiette des cotisations. Prime de chantier : obligatoire ou pas ? →

L'indemnité d'intempéries

Propre au bâtiment, le régime du chômage-intempéries (art. L5424-8 du Code du travail) indemnise les heures perdues quand le gel, la neige ou les fortes pluies rendent le travail dangereux ou impossible. L'arrêt est décidé par l'employeur ; l'indemnité, financée par un réseau de caisses dédiées (CIBTP), prend le relais après un court délai de carence. Calcul de l'indemnité intempéries →

Les heures supplémentaires

Au-delà de 35 heures hebdomadaires, les heures supplémentaires sont majorées. À défaut d'accord d'entreprise ou de branche (qui peut fixer un autre taux, au moins 10 %) : +25 % de la 36ᵉ à la 43ᵉ heure, puis +50 % à partir de la 44ᵉ (art. L3121-36). Dans le bâtiment, le contingent annuel est ramené à 180 heures (145 en cas d'annualisation), sous les 220 heures du droit commun. Côté fiscalité, ces heures restent exonérées d'impôt sur le revenu jusqu'à 7 500 €/an.

Calculateur d'heures supplémentaires →

Les heures de nuit : pas de taux unique dans le BTP

À défaut de convention ou d'accord, le travail entre 21 h et 6 h est du travail de nuit (art. L3122-20) ; le Code impose au travailleur de nuit une contrepartie en repos compensateur et, le cas échéant, une compensation salariale (art. L3122-8). Il ne fixe pas de majoration en argent : celle-ci vient de la convention ou de l'accord d'entreprise, et la réponse change avec le statut, la branche et le caractère du travail de nuit.

  • ETAM bâtiment : une nuit travaillée à titre exceptionnel, entre 20 h et 6 h, est payée 100 % de plus (CCN ETAM du bâtiment du 12 juillet 2006, art. 3.2.3). Ce taux ne se cumule pas avec celui des heures supplémentaires : le plus élevé s'applique.
  • ETAM travaux publics : une nuit travaillée à titre exceptionnel, entre 20 h et 6 h, est payée 100 % de plus (CCN ETAM des travaux publics du 12 juillet 2006, art. 4.2.10). Ce taux ne se cumule pas avec celui des heures supplémentaires : le plus élevé s'applique.
  • Nuit régulière : pas de taux imposé. Le montant de la compensation se décide dans l'entreprise. Les conventions des ETAM du bâtiment (art. 4.2.10) et des travaux publics (art. 4.2.11) ajoutent du repos : un jour entre 270 et 349 heures de nuit sur la période de référence, deux jours dès 350 heures ; cette compensation ne se cumule pas avec les majorations d'heures supplémentaires ni celle du 1er mai.
  • Ouvriers des travaux publics : la fiche « conventions collectives — ouvriers des travaux publics » du ministère du Travail, qui s'appuie sur l'accord national du 12 juillet 2006 sur le travail de nuit des ouvriers, ETAM et cadres du BTP, indique que les heures entre 21 h et 6 h d'un travail habituel donnent lieu à une compensation financière fixée dans l'entreprise, sans montant minimal de majoration dans la convention (page relue le 5 octobre 2026).
  • Ouvriers du bâtiment : le taux dépend de la convention et parfois de la région (la majoration de la région parisienne n'est pas reprise ici faute de texte relu). Aucune valeur générique n'est publiée ; cherchez l'article « travail de nuit » ou « travail exceptionnel » de votre texte, ou votre accord d'entreprise.

Nuit, dimanches et jours fériés par convention → Heures supplémentaires de nuit : calculateur →

La prime d'ancienneté : aucune convention nationale du BTP n'en prévoit

Ni les conventions du bâtiment ni celles des travaux publics n'imposent de prime d'ancienneté en euros. Elles reconnaissent l'ancienneté autrement, par des journées ou des congés d'ancienneté, à des seuils qui diffèrent selon le statut (fiches « Prime d'ancienneté » du Code du travail numérique, relues le 3 octobre 2026) :

  • Ouvriers du bâtiment (IDCC 1596 et 1597) : pas de prime ; des « journées d'ancienneté » — 2 jours à 20 ans de services dans la même entreprise, 4 jours à 25 ans, 6 jours à 30 ans.
  • ETAM du bâtiment (IDCC 2609) : ni le Code du travail ni la convention ne prévoient de prime d'ancienneté ; un accord d'entreprise ou le contrat de travail peut en créer une.
  • Ouvriers des travaux publics (IDCC 1702, art. 5.7) : pas de prime ; mêmes jours d'ancienneté, à 20, 25 et 30 ans dans la même entreprise.
  • ETAM des travaux publics (IDCC 2614, art. 5.1.1) : pas de prime ; des congés payés d'ancienneté dès 5 ans, 2 jours ouvrables entre 5 et 10 ans de présence, 3 au-delà de 10 ans.

Une prime d'ancienneté en pourcentage du salaire n'existe donc que si votre contrat, un accord d'entreprise ou un accord non étendu la prévoit : elle se lit sur votre bulletin ou dans votre contrat, pas dans la convention nationale. Ces fiches résument les textes étendus ; elles ne disent rien des accords propres à votre entreprise.

Un accord territorial peut aussi en créer une, mais il ne vaut que pour les employeurs qu'il lie. Exemple historique, qui ne se généralise pas : l'accord départemental du 28 octobre 1968 des Bouches-du-Rhône, non étendu, accordait aux ETAM des entreprises du bâtiment et des travaux publics 4 % du minimum conventionnel après 5 ans d'ancienneté, 8 % après 10 ans et 12 % après 15 ans. Dénoncé le 25 juin 2015 par la fédération signataire, il a donné lieu à un arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence (26 septembre 2025, n° 22/07010) : un employeur resté lié par l'accord devait la prime pendant 15 mois après la dénonciation, puis maintenir l'avantage acquis à son montant de l'époque. Ce n'est pas un barème actuel pour tous les salariés de la région : seul le texte applicable à votre employeur fait foi. L'ancienneté pèse en revanche sur d'autres droits, comme le préavis ou l'indemnité de licenciement. Calculer son ancienneté → Grille de classification BTP →

Le 13e mois : aucune règle nationale, tout dépend de votre texte

Ni le Code du travail ni les conventions nationales du BTP n'imposent un 13e mois. Il n'est dû que s'il figure dans votre contrat, dans un accord d'entreprise ou dans un usage constant, général et fixe. Deux avantages ne se cumulent pas quand ils ont le même objet et la même cause, mais le cumul reste possible dans le cas contraire (Cour de cassation, chambre sociale, 13 juin 2012, n° 10-27.395). 13e mois dans le BTP : droits, cumul et dénonciation d'un usage →

Montants 2026 : plafonds d'exonération URSSAF (frais professionnels au 1ᵉʳ janvier 2026), accords FFB régionaux (CCN ouvriers IDCC 1596/1597), Code du travail (art. L3121-36, L5424-8). Détail et dates de consultation sur la page Sources. Indemnités indicatives, non contractuelles.