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Retraite progressive : lever le pied sans perdre sa retraite

Dès 60 ans et 150 trimestres, travailler entre 40 et 80 % en touchant la fraction de pension correspondante — et continuer à cotiser

Peu de métiers du bâtiment se pratiquent à l'identique à 62 ans et à 35. Entre tenir jusqu'au bout et partir dès que possible, il existe une troisième voie que le secteur utilise peu : réduire son temps de travail en compensant la perte de salaire par une part de sa pension, sans figer le montant de sa future retraite.

Conditions d'accès à la retraite progressive
ConditionExigence
ÂgeAu moins 60 ans
Durée d'assurance150 trimestres, tous régimes de base confondus
Temps de travailEntre 40 % et 80 % d'un temps complet
Accord de l'employeurNécessaire — un refus doit être justifié

Le calcul est simple, et c'est rare

La fraction de pension versée est le complément exact de votre quotité travaillée : à 60 % d'activité, vous percevez 40 % de votre pension provisoire ; à 50 %, la moitié. Il n'y a pas de coefficient minorant caché ni de calcul dérogatoire. La perte de revenu n'est donc jamais proportionnelle à la baisse d'activité — c'est tout l'intérêt du dispositif pour un compagnon qui ne peut plus tenir cinq jours de chantier par semaine.

Vous continuez à cotiser, et la pension finale ne peut pas baisser

C'est le point qui distingue la retraite progressive d'un simple passage à temps partiel. Les cotisations continuent sur le salaire réduit, la période compte dans la durée d'assurance, et la pension définitive est recalculée en tenant compte de ces années — sans jamais pouvoir être inférieure au montant provisoire calculé à l'entrée dans le dispositif. Le risque de « figer » sa retraite à un niveau bas en réduisant son activité n'existe donc pas ici.

Ce que le BTP en fait, ou pas

Le secteur a une pyramide des âges qui rend ce dispositif pertinent, et une organisation de chantier qui le rend compliqué : un poste à 60 % s'aménage plus facilement en bureau d'études, en conduite de travaux ou en encadrement qu'en production. C'est précisément là que la transmission a de la valeur — un chef d'équipe à temps partiel qui forme les nouveaux coûte moins cher à l'entreprise qu'un départ sec suivi d'un recrutement.

Sur le volet pénibilité, attention à ne pas confondre les dispositifs : le compte professionnel de prévention ne retient plus que six facteurs d'exposition depuis 2017, et les agents chimiques — dont l'amiante — en ont été sortis. Les points acquis ouvrent droit à une majoration de durée d'assurance qui se combine avec la retraite progressive, mais l'exposition à l'amiante relève d'un dispositif distinct de préretraite, pas de ce compte. Pour estimer votre date de départ à taux plein, le simulateur retraite BTP reste le point d'entrée.

L'impact sur la paie, à ne pas négliger

Passer à 60 % ne divise pas seulement le salaire de base. Les indemnités de trajet et de panier suivent le nombre de jours réellement travaillés, et les heures supplémentaires disparaissent le plus souvent. Le calcul honnête se fait sur la rémunération complète, pas sur le brut mensuel affiché au contrat — la page temps partiel dans le BTP détaille la mécanique de proratisation.

Source : service-public.gouv.fr, fiche F12842 « Retraite progressive du salarié » (mise à jour du 17 novembre 2025), consultée le 1er août 2026. Information indicative, non contractuelle : seule votre caisse de retraite peut liquider vos droits.