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Congés payés BTP

Le régime CIBTP expliqué : fonctionnement, calcul de l'indemnité et différences avec le régime général

BTP ≠ régime général. Contrairement aux autres secteurs, les congés payés ne sont pas gérés par votre employeur mais par une caisse paritaire spécialisée : la CIBTP. La caisse le formule sans restriction de statut — « tout salarié du BTP est obligatoirement déclaré à une caisse CIBTP et bénéficie de ses prestations » — donc ouvriers, ETAM et cadres des entreprises affiliées. Ce système garantit la portabilité de vos droits si vous changez d'employeur, ce qui est courant dans le BTP.

Comment ça fonctionne ?

1

Période d'acquisition : 1ᵉʳ avril → 31 mars (La Réunion : 1ᵉʳ novembre → 31 octobre)

Les droits s'accumulent du 1er avril au 31 mars de l'année suivante, puis se prennent du 1er mai au 30 avril. C'est le décalage propre au BTP : le régime général, lui, fait courir sa période de référence du 1er juin au 31 mai. Résultat : vos congés de l'été 2026 reposent sur vos heures d'avril 2025 à mars 2026. Ces dates sont celles de la France métropolitaine (caisse d'Île-de-France). À La Réunion, la caisse Congés BTP fait courir l'acquisition du 1er novembre au 31 octobre (campagne 2026 : du 1er novembre 2025 au 31 octobre 2026) et la prise du 1er décembre au 30 novembre de l'année suivante ; les autres caisses ultramarines n'ont pas été relues.

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L'employeur cotise à la CIBTP

Chaque mois, votre employeur verse un pourcentage de vos salaires bruts à la caisse CIBTP régionale dont il dépend. Ce taux varie selon la caisse. Vous ne payez rien : c'est une charge patronale.

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La caisse calcule et verse l'indemnité

Quand vous partez en congés, la caisse CIBTP vous verse directement votre indemnité de congés. Le montant = le plus élevé entre 1/10 de vos salaires bruts de la période ou le maintien de votre salaire.

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Portabilité si vous changez d'employeur

À la fin du contrat, vos droits sont justifiés par un certificat de congés (art. D3141-34) : l'employeur déclare votre sortie, puis la caisse calcule vos droits et, selon les caisses, met ce certificat à disposition dans votre espace en ligne. Si vous rejoignez un autre employeur BTP, vos droits vous suivent — vous ne repartez pas de zéro.

Calcul de votre indemnité de congés payés

La loi impose de retenir la méthode la plus favorable entre deux règles (art. L3141-24 Code du travail) :

Règle du dixième

10 % des salaires bruts perçus pendant la période d'acquisition (1er avril → 31 mars).

Inclut : salaire de base + heures supplémentaires + primes de chantier, d'ancienneté ou de rendement + montant brut des indemnités de chômage intempéries. N'entrent pas : indemnités de petit déplacement, panier.

Règle du maintien

Ce que vous auriez gagné si vous aviez continué à travailler pendant la période de congés.

Calculé sur la base de votre horaire habituel.

En pratique dans le BTP : la règle du dixième est souvent plus avantageuse, car elle tient compte des heures sup et des primes (chantier, ancienneté, rendement) en plus du salaire de base. Les indemnités de repas, de trajet, de transport et de grand déplacement n'y entrent pas : ce sont des frais, pas du salaire déclaré pour les congés (CIBTP Île-de-France, « éléments de rémunération à inclure ou à exclure », mise à jour du 11 avril 2022). Le chômage intempéries, lui, compte : la caisse d'Île-de-France indique que les heures indemnisées sont prises en compte pour 75 % dans le calcul des jours acquis et que le montant brut de l'indemnité est pris en compte dans l'indemnité de congé (page « Tout savoir sur le calcul de votre indemnisation », relue le 11 octobre 2026). Ce même tableau de 2022 exclut cette indemnité de l'assiette des cotisations de l'employeur, ce qui est une autre question.

Simulateur d'indemnité CIBTP

Compare les deux méthodes du Code du travail (art. L3141-24) et affiche la plus élevée. C'est une estimation : la caisse CIBTP calcule le montant réel à partir de votre dernière paie.

€

Incluses dans la règle du dixième ✓

€

Primes de chantier, d'ancienneté, de rendement ✓ incluses ; repas, trajet, transport et grand déplacement exclus (CIBTP). Le chômage intempéries se saisit ci-dessous.

€

75 % de ces heures comptent pour acquérir des jours (CIBTP Île-de-France), 495 h par an au plus

h

Leur montant brut entre dans la règle du dixième (CIBTP Île-de-France)

€

1ᵉʳ avril N-1 → 31 mars N (La Réunion : 1ᵉʳ novembre N-1 → 31 octobre N)

Change le traitement des arrêts maladie

Comptés comme du travail : 2,5 j par mois (art. L3141-5)

2 j par mois, 24 j au plus, et 80 % du salaire dans le dixième (L3141-5-1, L3141-24) ; ETAM et cadres avec 120 jours de travail : comme du travail (CIBTP)

Droits acquis : 30 jours ouvrables — soit 5 semaines (2,5 j × 12 mois travaillés)

Règle du dixième

Retenu ✓

2 640,00 €

10 % × 26 400,00 € bruts de référence

Maintien de salaire

Non retenu

2 500,00 €

2 200,00 € ÷ 22 j × 25 j ouvrés

Indemnité estimée

2 640,00 €

Méthode : dixième

Par jour CP

88,00 €

/ jour ouvrable

Bruts de référence

26 400,00 €

base + h.sup + primes

Montant hors prime de vacances éventuelle et hors congés supplémentaires : la prime (30 %, sous conditions d'heures ou d'ancienneté) est expliquée plus bas, et la caisse fixe le montant définitif.

Méthode de calcul — les deux règles comparées, et celle qui l'emporte

  1. Les jours acquis suivent la règle de deux jours et demi ouvrables par mois travaillé, arrondis au jour supérieur et bornés à trente sur une période complète.
  2. La règle du dixième porte sur la rémunération brute de toute la période, heures supplémentaires, primes et montant brut des indemnités de chômage intempéries compris : c'est ce périmètre large qui la rend souvent gagnante dans le bâtiment. Les heures de chômage intempéries comptent aussi pour 75 % dans les jours acquis (150 heures valent 2,5 jours).
  3. Les mois d'arrêt entrent aussi dans cette assiette, comptés au salaire de base : en entier pour un accident du travail ou une maladie professionnelle, à 80 % pour une maladie ordinaire (art. L3141-24). La CIBTP n'applique pas cette réduction, ni la limite de 2 jours par mois, à l'ETAM ou au cadre qui a travaillé au moins 120 jours sur la période ; le simulateur estime ces jours à partir des mois saisis.
  4. La règle du maintien reconstitue un taux journalier à partir du seul salaire de base, ramené à vingt-deux jours ouvrés, puis le multiplie par les jours de congé convertis d'ouvrables en ouvrés. C'est une approximation : la caisse compare le dixième à son « régime du BTP », qui multiplie le taux horaire (ou le salaire mensuel) de la dernière paie complète et normale par le temps de travail ou assimilé de la période, puis divise par dix.
  5. Les deux résultats sont comparés et c'est le plus élevé qui s'affiche, parce que la loi impose de retenir la formule la plus favorable au salarié.
  6. L'écart apporté par les primes et heures supplémentaires est isolé à part, pour montrer ce que la règle du dixième ajoute réellement.

Ce que ce résultat n'est pas : le décompte de votre caisse. Le maintien est ici volontairement calculé sur le seul salaire de base, hypothèse basse ; la caisse, elle, travaille sur l'ensemble des bulletins que l'entreprise lui a déclarés. Estimation indicative, non contractuelle.

Textes ouverts : Art. L3141-24 C. trav. (indemnité de congés payés) · Art. L3141-22 à L3141-32 C. trav. (Légifrance) · Caisses de congés payés du bâtiment (CIBTP)

Congés non pris à cause d'un arrêt

Un arrêt maladie ou un accident qui vous a empêché de partir pendant la période de prise ne fait pas perdre les jours : vous disposez de 15 mois pour les poser (art. L3141-19-1). Le délai part du jour où l'employeur vous communique, dans le mois qui suit la reprise, le nombre de jours restants et la date limite, souvent sur le bulletin de paie (L3141-19-3). Si l'arrêt durait déjà depuis un an à la fin de la période d'acquisition (le 31 mars dans le BTP), il part de cette date pour les jours acquis pendant l'arrêt (L3141-19-2).

Saisissez la date de départ pour obtenir la date limite.

BTP vs régime général : les différences

Congés payés BTP (CIBTP) comparés au régime général : différences principales.
CritèreRégime BTP (CIBTP)Régime général
Qui gère les CP ?Caisse CIBTP régionaleL'employeur directement
Période d'acquisition1ᵉʳ avril → 31 mars (La Réunion : 1ᵉʳ nov. → 31 oct.)1ᵉʳ juin → 31 mai
Période de prise1ᵉʳ mai → 30 avril (La Réunion : 1ᵉʳ déc. → 30 nov.)Fixée par l'employeur
Durée maximale30 jours ouvrables (5 semaines)30 jours ouvrables (5 semaines)
Calcul de l'indemnitéMax(1/10 des salaires, maintien)Max(1/10 des salaires, maintien)
Primes incluses ?Primes, heures sup et indemnités de chômage intempéries oui ; IPD, panier, trajet non (CIBTP)Dépend de l'employeur
Changement d'employeurDroits portables (certificat CIBTP)CP soldés à la rupture
IntérimairesNon concernés (ICCP 10 % à la place)ICCP versée par l'agence

Sources : art. L3141-22 à L3141-32 Code du travail — cibtp.fr (mai 2026)

Ce que la CIBTP verse en plus de l'indemnité

Deux suppléments conventionnels s'ajoutent aux cinq semaines et n'apparaissent dans aucun simulateur de congés du régime général. La caisse les verse avec l'indemnité de congés, pas séparément.

La prime de vacances : 30 %

Elle vaut 30 % de l'indemnité de congés correspondant aux 24 jours ouvrables du congé principal. Elle est soumise à un seuil d'heures travaillées sur la période d'acquisition, cumulables sur plusieurs employeurs BTP : 1 675 heures pour les ouvriers du bâtiment (1 503 heures si l'horaire de l'entreprise est de 35 heures),1 200 heures pour ceux des travaux publics, et 6 mois de présence pour les ETAM et cadres. Les 30 % s'appliquent aussi aux jours de fractionnement et d'ancienneté.

La CIBTP la range parmi les « avantages spécifiques » du régime, au même rang que le congé d'ancienneté. Ouvriers, ETAM et cadres y ont tous droit : seule la condition d'activité change selon la catégorie.

Le congé d'ancienneté : 2, 4 ou 6 jours pour les ouvriers du bâtiment

Pour les ouvriers du bâtiment (IDCC 1596 et 1597), à partir de 20 ans d'ancienneté, la convention ouvre l'équivalent de 2 jours ; 4 jours à 25 ans ; 6 jours à 30 ans.

Les ETAM et les cadres ont un autre barème, en jours ouvrables de congé supplémentaire (mémento CIBTP Île-de-France du 11 juin 2026, rubrique « Pour les ETAM et cadres ») : 2 jours après plus de 5 et moins de 10 ans de présence dans l'entreprise (ou plus de 10 et moins de 20 ans dans une ou plusieurs entreprises relevant d'une caisse de congés payés du BTP), 3 jours après plus de 10 ans dans l'entreprise (ou plus de 20 ans en caisse BTP). Les ouvriers des travaux publics ont, eux, des jours de congé à prendre et non une indemnité : 2 jours à 20 ans d'ancienneté, 4 jours à 25 ans, 6 jours à 30 ans, avec une ancienneté appréciée au 31 mars et une présence exigée dans l'effectif d'une entreprise de travaux publics à cette date.

Deux précisions qui changent le résultat : pour les ouvriers du bâtiment, ce n'est pas du congé en plus mais une indemnité supplémentaire équivalente à ce nombre de jours ; et l'ancienneté se compte dans la même entreprise, continue ou non — contrairement aux droits à congés eux-mêmes, elle ne suit pas le salarié d'un employeur BTP à l'autre.

Sources : fiche pratique salarié CIBTP Île-de-France, avril 2026 (prime de vacances 30 %, congé d'ancienneté, périodes) · Code du travail numérique, « Congés supplémentaires pour ancienneté », CCN Bâtiment ouvriers IDCC 1596 (barème, nature de l'indemnité, ancienneté d'entreprise), consultés le 2 septembre 2026. Seuils de la prime de vacances (1 675 h, 1 503 h à 35 h, 1 200 h, 6 mois) : CIBTP, Mémento Congés 2026-2027, fiche pratique salarié du 11 juin 2026, consultée le 27 septembre 2026. Barème ETAM du bâtiment : CCN ETAM du 12 juillet 2006, art. 5.1.1, d'après le Code du travail numérique (« Congés supplémentaires pour ancienneté », IDCC 2609), consulté le 6 octobre 2026.

Vérifier ses droits auprès de sa caisse

Le réseau compte 12 caisses régionales, 234 000 entreprises affiliées et 1,8 million de salariés couverts. Chacune ouvre un espace sécurisé salarié où se consultent les jours restants, les dates de congés déclarées, les paiements et les attestations fiscales. La caisse dont vous dépendez est celle de votre employeur, pas celle de votre domicile.

Une entreprise de la branche qui ne déclare pas ses salariés à une caisse est en infraction avec son obligation d'affiliation : le constat se signale à l'inspection du travail, et le paiement des droits se réclame devant le conseil de prud'hommes.

Questions fréquentes

Sources : Code du travail art. L3141-1 à L3141-32 — cibtp.fr — Légifrance (mai 2026). Les taux de cotisation varient par caisse CIBTP régionale — consultez cibtp.fr pour le taux de votre région.

Comment utiliser cet outil

  1. 1

    Saisir le salaire brut de la période

    Entrez le total des salaires bruts (base + heures sup + primes) perçus sur la période d'acquisition BTP, du 1er avril au 31 mars.

  2. 2

    Indiquer les mois travaillés

    Précisez le nombre de mois travaillés pour la CIBTP au cours de la période de référence.

  3. 3

    Comparer les deux méthodes

    Le simulateur calcule automatiquement les deux méthodes (dixième vs maintien) et affiche la plus favorable, conformément à l'article L3141-24 du Code du travail.