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18 juin 2026·Article mis à jour le 29 septembre 2026·3 min de lecture·Par Camille Herbelot

Indemnité de départ à la retraite dans le BTP : combien touchez-vous, et peut-on partir plus tôt ?

Les sources sont citées section par section. Montants de salaire : estimations de l'éditeur, sauf mention contraire.

Indemnité de départ à la retraite dans le BTP : combien touchez-vous, et peut-on partir plus tôt ?

Au moment de raccrocher, beaucoup de salariés du BTP ignorent qu'ils ont droit à une indemnité de leur employeur. Pour un départ volontaire à la retraite, la loi la fixe par paliers d'ancienneté : un demi-mois de salaire après dix ans, jusqu'à deux mois après trente ans. Le montant reste modeste, et pour les ETAM et les cadres, c'est la convention collective qui fait la différence. La pénibilité du métier peut par ailleurs, dans certains cas, permettre de partir avant l'âge légal.


Le calcul de l'indemnité légale

Le montant ne se calcule pas année par année : la loi procède par paliers d'ancienneté, et le palier atteint donne le total.

•1/2 mois : de salaire après 10 ans d'ancienneté ;
•1 mois : après 15 ans ;
•1 mois et demi : après 20 ans ;
•2 mois : après 30 ans.

En dessous de dix ans d'ancienneté, aucune indemnité légale n'est prévue : seule la convention collective peut en ouvrir une. Le salaire de référence est le plus favorable entre le douzième de votre brut des 12 derniers mois et le tiers de votre brut des 3 derniers mois.


Un exemple chiffré

Prenons Michel, 30 ans d'ancienneté, salaire de référence de 2 500 € brut. Il atteint le dernier palier, celui des trente ans : 2 mois, soit 5 000 € brut.

Le calcul s'arrête là. C'est un plancher, et il est bas au regard d'une carrière entière : les conventions des ETAM et des cadres du BTP prévoient davantage (voir plus bas). Le régime fiscal et social de cette indemnité de départ volontaire diffère par ailleurs de celui d'une mise à la retraite, d'où l'intérêt de bien identifier qui prend l'initiative du départ.

Ne confondez pas les deux barèmes. Le calcul « un quart de mois par année pour les dix premières, puis un tiers » circule beaucoup, y compris appliqué au départ volontaire. Il ne lui correspond pas : c'est celui de l'indemnité de licenciement, due quand c'est l'employeur qui vous met à la retraite. Sur trente ans d'ancienneté, l'écart entre les deux dépasse 17 000 € brut.

Ce que prévoient les conventions du BTP

Le minimum légal n'est qu'un plancher. Les conventions collectives du BTP fixent leur propre barème de départ, calculé année par année, et c'est le plus favorable des deux qui est dû. Nous les avons relus sur Légifrance le 29 septembre 2026.

•ETAM du bâtiment et des travaux publics : (art. 8.10 des deux conventions) : 1/10 de mois par année d'ancienneté à partir de 2 ans révolus et jusqu'à 10 ans, puis 1,5/10 pour les années au-delà, dans la limite de 5 mois. Condition : partir avec une retraite à taux plein à 60 ans ou plus, ou avant au titre d'une carrière longue (art. 8.11). Si Michel était ETAM, il toucherait 4 mois, soit 10 000 € brut, le double du minimum légal. Avec cinq ans d'ancienneté, là où la loi ne verse rien, la convention donne déjà 0,5 mois.
•Cadres : (bâtiment art. 7.10, travaux publics art. 7.9) : 1,5/10 de mois par année jusqu'à 10 ans, puis 3/10, dans la limite de 8 mois, pour un départ à partir de 55 ans révolus suivi de la liquidation de la retraite. La convention des cadres du bâtiment n'est pas étendue : elle ne s'impose qu'aux employeurs adhérents d'une organisation signataire. Celle des cadres des travaux publics l'est depuis 2020.
•Ouvriers : la convention prévoit une indemnité de départ servie par la caisse de prévoyance du BTP, calculée selon l'article 15 du règlement de ce régime. Nous n'avons pas relu ce règlement : aucun chiffre ici, seul le minimum légal est certain.

Le simulateur de retraite BTP compare ces barèmes au minimum légal selon votre statut, votre âge et votre ancienneté, et détaille dans « Pourquoi ce montant ? » la règle qu'il a retenue.


Départ volontaire ou mise à la retraite : ce n'est pas pareil

Si c'est vous qui décidez de partir, c'est un départ volontaire (le calcul ci-dessus). Si c'est l'employeur qui vous met à la retraite (possible seulement à partir d'un certain âge), l'indemnité due est au moins égale à l'indemnité de licenciement, en général plus avantageuse. Pour comparer les logiques de fin de contrat, voyez le comparatif des ruptures BTP.


Partir plus tôt : carrière longue et pénibilité

L'âge légal n'est pas toujours indépassable. Trois voies principales permettent un départ anticipé :

•la carrière longue, pour ceux qui ont commencé à travailler très jeunes ;
•le compte professionnel de prévention (C2P), qui accumule des points pour certaines expositions (travail de nuit, bruit, températures extrêmes…) convertibles notamment en trimestres de retraite anticipée ;
•la retraite anticipée pour incapacité permanente, liée à une maladie professionnelle ou un accident du travail.

Un point que beaucoup de professionnels du BTP ignorent : les contraintes physiques les plus typiques du secteur, port de charges lourdes, postures pénibles, vibrations, ont été retirées du compte pénibilité en 2017. Elles ne donnent donc pas de points C2P, mais relèvent depuis d'un suivi spécifique de l'usure professionnelle. Pour estimer votre pension et vos trimestres, le simulateur de retraite BTP donne un premier repère, et la couverture du secteur est détaillée dans PRO BTP. Quatrième voie, distincte de ces trois-là parce qu'elle n'avance pas le départ mais l'étale : la retraite progressive, accessible dès 60 ans avec 150 trimestres, permet de réduire son temps de travail en percevant déjà une fraction de la pension.

Cette indemnité de départ est un versement unique de l'employeur, à ne pas confondre avec la pension mensuelle elle-même : son montant, son mode de calcul et l'absence de statistique publique par secteur sont traités dans combien touche un retraité du bâtiment.


⚠ Article fourni à titre informatif et indicatif uniquement. Les informations juridiques et chiffrées présentées sont issues de sources officielles à la date de publication, mais peuvent évoluer. Elles ne constituent pas un conseil juridique, financier ou professionnel personnalisé. Pour votre situation individuelle, consultez un avocat, votre syndicat ou l'Inspection du Travail.
Sources : offres d'emploi France Travail / Batiactu / Indeed, conventions collectives BTP (Légifrance), organismes de qualification (Qualibat, Qualifelec), INRS. Données indicatives, non contractuelles.

Questions fréquentes

Combien rapporte l'indemnité de départ à la retraite dans le BTP ?

Le minimum légal dépend de l'ancienneté, par paliers : un demi-mois de salaire après 10 ans, un mois après 15 ans, un mois et demi après 20 ans, deux mois après 30 ans. Pour 30 ans d'ancienneté et un salaire de référence de 2 500 €, cela fait 5 000 € brut. Attention au barème « un quart puis un tiers de mois par année » que l'on lit souvent : il concerne la mise à la retraite décidée par l'employeur, pas le départ volontaire. Les conventions des ETAM et des cadres du BTP prévoient souvent davantage : un ETAM partant avec 30 ans d'ancienneté et une retraite à taux plein touche 4 mois selon sa convention, soit 10 000 € pour le même salaire. Le montant dû est le plus favorable des deux.

Quel salaire sert à calculer l'indemnité de départ à la retraite ?

Le salaire de référence retenu est le plus avantageux entre le douzième de votre rémunération brute des 12 derniers mois et le tiers de votre rémunération brute des 3 derniers mois. Pour un salarié dont la paie varie (heures supplémentaires, primes), comparer les deux bases peut faire une différence sensible.

Peut-on partir à la retraite plus tôt quand on a travaillé dans le BTP ?

Oui, dans certains cas : carrière longue (début d'activité très jeune), compte professionnel de prévention pour certaines expositions, ou retraite anticipée pour incapacité permanente. Attention, les contraintes physiques les plus courantes du BTP (port de charges, postures, vibrations) ont été retirées du compte pénibilité en 2017 et relèvent depuis d'un suivi spécifique de l'usure professionnelle.