Combien touche un retraité du bâtiment : ce que les chiffres publics disent, et ce qu'ils taisent
Les sources sont citées section par section. Montants de salaire : estimations de l'éditeur, sauf mention contraire.
1 666 € bruts en moyenne, et pas une ligne sur le bâtiment
Fin 2023, la pension mensuelle moyenne de droit direct des retraités résidant en France s'élève à 1 666 € bruts, soit 1 541 € nets des prélèvements sociaux. L'écart entre femmes et hommes reste large : 1 306 € bruts contre 2 089 € bruts (DREES, « Les retraités et les retraites », édition 2025, fiche 05, données au 31 décembre 2023).
Ce chiffre couvre tous les régimes et tous les métiers. Il ne dit rien du bâtiment en particulier, et autant poser la limite tout de suite : ni le panorama de la DREES, ni ses jeux de données issus de l'enquête annuelle auprès des caisses de retraite, ni les paramètres publiés par l'Agirc-Arrco ne ventilent la pension moyenne par secteur d'activité. Les pages qui annoncent « la retraite moyenne d'un maçon » avancent un chiffre qui ne provient d'aucune statistique publique consultable.
Ce qui se calcule, en revanche, c'est le mécanisme.
Deux étages, et le second passe par PRO BTP
La pension d'un ancien salarié du bâtiment arrive par deux canaux. Le régime général verse la retraite de base, calculée sur les vingt-cinq meilleures années plafonnées au plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 48 060 € pour 2026. La retraite complémentaire transite par l'institution Agirc-Arrco du groupe PRO BTP, à laquelle les entreprises du BTP adhèrent obligatoirement pour leurs salariés.
Notre simulateur de retraite BTP applique ces deux étages à une situation individuelle. L'indemnité de départ à la retraite, versée une seule fois par l'employeur au moment du départ, ne se confond avec ni l'un ni l'autre.
Ce qu'une année de chantier ajoute à la complémentaire
Le calcul est public et tient en une division : nombre de points égale assiette des cotisations multipliée par le taux de calcul des points, divisée par la valeur d'achat du point.
Prenons un ouvrier à 2 400 € bruts par mois, soit 28 800 € bruts sur l'année, entièrement sous le plafond de tranche 1. Le taux de calcul des points est de 6,20 % en tranche 1 pour un ouvrier du BTP (notice PRO BTP « Retraite complémentaire, chiffres, taux et assiettes 2026 ») et la valeur d'achat du point s'établit à 20,1877 € pour 2026 (paramètres Agirc-Arrco).
Environ 10,60 € bruts par mois, donc, pour une seule année travaillée à ce niveau. Quarante-deux années au même salaire et à paramètres constants donneraient de l'ordre de 445 € bruts mensuels de complémentaire, à ajouter à la retraite de base. Les paramètres bougent chaque année : cette projection illustre le mécanisme, elle ne prédit rien et n'a aucune valeur contractuelle.
La part de cotisation qui ne rapporte aucun point
Sur son bulletin, l'ouvrier voit 7,87 % de cotisation de retraite complémentaire en tranche 1, pas 6,20 %. La différence vient du coefficient d'appel de 127 % : seule la part correspondant au taux de calcul des points construit des droits, le reste finance l'équilibre du régime.
S'y ajoutent deux contributions qui n'ouvrent aucun droit : la contribution d'équilibre général, 2,15 % en tranche 1, et la contribution d'équilibre technique, 0,35 %, due par les salariés dont la rémunération dépasse le plafond de la Sécurité sociale. Ces taux figurent dans la même notice PRO BTP 2026, et l'Agirc-Arrco les présente explicitement comme des cotisations sans contrepartie de points.
Trois mécanismes qui pèsent spécifiquement sur une carrière BTP
Aucun des trois n'est une opinion. Tous se lisent sur une fiche de paie du bâtiment.
Le seul chiffre qui parle de vous
Le nombre de points acquis figure année par année sur le relevé de carrière Agirc-Arrco. C'est la seule donnée qui décrive une situation individuelle plutôt qu'une moyenne nationale. Ce nombre multiplié par la valeur de service en vigueur, 1,4386 € depuis le 1er novembre 2025, donne la complémentaire annuelle brute déjà acquise à ce jour.
Le rôle exact de l'institution qui gère ces points est détaillé dans notre article sur PRO BTP, et la retraite progressive traite du cas particulier d'un départ étalé plutôt que net.
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Questions fréquentes
Quelle est la pension moyenne d'un retraité en France ?
Fin 2023, la pension mensuelle moyenne de droit direct des retraités résidant en France s'élève à 1 666 € bruts, soit 1 541 € nets des prélèvements sociaux, avec un écart marqué entre femmes (1 306 € bruts) et hommes (2 089 € bruts). Source : DREES, « Les retraités et les retraites », édition 2025, fiche 05, données arrêtées au 31 décembre 2023. Ce montant couvre tous les régimes et tous les secteurs d'activité.
Existe-t-il un chiffre officiel de la retraite moyenne dans le bâtiment ?
Aucun n'a été trouvé. Le panorama de la DREES, ses jeux de données issus de l'enquête annuelle auprès des caisses de retraite et les paramètres publiés par l'Agirc-Arrco ne ventilent pas la pension moyenne par secteur d'activité. Toute page annonçant « la retraite moyenne d'un maçon » avance un chiffre qui ne provient d'aucune statistique publique consultable.
Qui gère la retraite complémentaire des salariés du BTP ?
L'institution Agirc-Arrco du groupe PRO BTP, à laquelle les entreprises du BTP adhèrent obligatoirement pour leurs salariés. Elle collecte les cotisations et verse la complémentaire, dans le cadre de la mission confiée par l'Agirc-Arrco. La retraite de base, elle, reste versée par le régime général.
