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18 juin 2026·Article mis à jour le 19 juillet 2026·3 min de lecture·Par Camille Herbelot

Transparence des salaires 2026 : ce que la directive européenne change pour le BTP

D'après des sources officielles : Légifrance, BMO France Travail, DARES.

Transparence des salaires 2026 : ce que la directive européenne change pour le BTP

Bientôt, une annonce pour un poste de chef d'équipe ou de conducteur de travaux devra indiquer combien elle paie, un montant ou au moins une fourchette, avant même le premier entretien. Et l'employeur n'aura plus le droit de vous demander ce que vous gagnez aujourd'hui. C'est le cœur de la directive européenne 2023/970, dont la transposition est attendue pour 2026.


Ce que le texte impose concrètement

La directive (UE) 2023/970 du 10 mai 2023 vise l'égalité de rémunération entre femmes et hommes, mais ses effets dépassent largement ce seul objectif. Trois mesures changent la donne pour qui cherche un emploi :

À l'embauche : , l'offre doit mentionner la rémunération proposée ou une fourchette, communiquée au plus tard avant le premier entretien.
L'historique salarial devient hors-jeu : l'employeur ne peut plus demander combien vous gagniez avant.
En interne : , chaque salarié peut obtenir, sur demande, les niveaux moyens de rémunération ventilés par sexe pour un poste équivalent.

S'ajoute un changement juridique de fond : en cas de litige sur l'égalité salariale, c'est à l'employeur de prouver qu'il n'y a pas de discrimination, pas au salarié.


Où en est la France ?

L'échéance de transposition est fixée au 7 juin 2026. Le ministère du Travail a transmis une première version du projet de loi aux partenaires sociaux le 6 mars 2026. Faut-il s'attendre à ce que tout soit en place pile à cette date ? Pas nécessairement : le calendrier parlementaire étant chargé, l'entrée en vigueur effective de certaines dispositions pourrait glisser de quelques mois. Le principe, lui, n'est plus en débat, il s'appliquera.


Ce que ça change pour un candidat du BTP

Le secteur a une particularité : le salaire de base y est déjà encadré par des minima conventionnels régionaux. La transparence ne révèle donc pas un secret total, mais elle déplace le rapport de force au moment de la négociation.

Prenons Damien, chef d'équipe gros œuvre qui répond à deux annonces. Avant, il avançait à l'aveugle et calait sa prétention sur son ancien salaire. Désormais, chaque offre affiche sa fourchette : il sait immédiatement laquelle paie mieux, et il négocie dans le haut de la fourchette affichée plutôt que dans le prolongement de sa paie précédente. S'il était sous-payé à son poste actuel, l'effet est direct : il ne traîne plus ce retard d'un employeur à l'autre.

Le bon réflexe avant de postuler : comparer la fourchette annoncée au minimum de votre coefficient. Le détail des niveaux est sur la grille salariale BTP, et pour traduire un brut affiché en net réel, le convertisseur brut-net BTP fait le calcul.


Et pour les entreprises ?

Côté employeurs, l'affichage du salaire dans l'offre vaut pour tous. Les obligations de déclaration des écarts de rémunération femmes-hommes, elles, montent en charge par paliers : les entreprises d'au moins 250 salariés publient un rapport chaque année à partir du 7 juin 2027 ; celles de 150 à 249 salariés, un rapport tous les 3 ans à partir de la même échéance ; celles de 100 à 149 salariés n'entrent dans le dispositif (tous les 3 ans) qu'à partir du 7 juin 2031. La plupart des artisans et TPE du bâtiment échappent donc au reporting, mais aucune entreprise n'échappera à la règle de l'offre transparente.

Reste une question que beaucoup de candidats se posent déjà : une fois les salaires affichés, la négociation disparaît-elle ? Au contraire, elle se concentre sur ce qui ne figure pas dans la fourchette : primes de chantier, indemnités de déplacement, véhicule, mutuelle. C'est là que se gagnent les vrais écarts, comme le détaille la page primes et indemnités BTP.


Article fourni à titre informatif et indicatif uniquement. Les informations juridiques et chiffrées présentées sont issues de sources officielles à la date de publication, mais peuvent évoluer. Elles ne constituent pas un conseil juridique, financier ou professionnel personnalisé. Pour votre situation individuelle, consultez un avocat, votre syndicat ou l'Inspection du Travail.
Sources : offres d'emploi France Travail / Batiactu / Indeed, conventions collectives BTP (Légifrance), organismes de qualification (Qualibat, Qualifelec), INRS. Données indicatives, non contractuelles.

Questions fréquentes

À partir de quand les salaires doivent-ils être affichés dans les offres ?

La directive européenne 2023/970 fixe l'échéance de transposition au 7 juin 2026. En France, le projet de loi a été transmis aux partenaires sociaux le 6 mars 2026, mais le calendrier parlementaire pourrait décaler l'entrée en vigueur réelle de quelques mois. L'obligation d'indiquer la rémunération ou une fourchette dans l'offre, ou avant le premier entretien, est l'une des mesures centrales du texte.

Un employeur peut-il encore me demander mon salaire actuel ?

Pas encore : la directive l'interdit, mais elle n'est pas transposée en droit français à ce jour. Une fois le texte français adopté, l'employeur ne pourra plus interroger un candidat sur sa rémunération passée ou actuelle. L'idée est d'empêcher qu'un salaire bas se reproduise d'un poste à l'autre. Vous fixez votre prétention par rapport au poste et à la grille, pas par rapport à votre fiche de paie précédente.

Quelles entreprises du BTP sont concernées ?

L'affichage de la rémunération à l'embauche concerne tous les employeurs. Les obligations de déclaration des écarts de rémunération femmes-hommes montent en charge par paliers : dès 250 salariés, rapport annuel à partir du 7 juin 2027 ; de 150 à 249 salariés, rapport tous les 3 ans à partir de la même date ; de 100 à 149 salariés, rapport tous les 3 ans à partir du 7 juin 2031 seulement. La majorité des TPE du bâtiment ne seront donc pas soumises au reporting, mais toutes le seront à l'affichage du salaire dans l'offre.