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26 mai 2026·Article mis à jour le 7 juillet 2026·3 min de lecture·Par Camille Herbelot

Augmentation salaire BTP 2026 : cinq ans de hausses, et ce qu'il faut vérifier sur sa fiche de paie

D'après des sources officielles : Légifrance, BMO France Travail, DARES.

Augmentation salaire BTP 2026 : cinq ans de hausses, et ce qu'il faut vérifier sur sa fiche de paie

Un ouvrier payé au SMIC a vu son brut passer de 1 554,58 € en janvier 2021 à 1 867,02 € en juin 2026. Une hausse de 20 % en cinq ans et demi. Les minima du BTP ont suivi le mouvement, mais pas au même rythme ni pour tout le monde. Voici la rétrospective, puis la méthode pour vérifier que votre propre salaire a bien suivi.


2021-2026 : la course du SMIC

2021-2026 : la course du SMIC
Date d'effetSMIC brut mensuel
Janvier 20211 554,58 €
Janvier 20221 603,12 €
Janvier 20231 709,28 €
Janvier 20241 766,92 €
Novembre 2024 (maintenu en 2025)1 801,80 €
Janvier 20261 823,03 €
Juin 20261 867,02 € (+2,41 %)

L'année 2023 concentre le gros de l'effort (+6,6 % pour les minima ouvriers et ETAM, dans le sillage de l'inflation), avant un retour à des hausses plus classiques : +3,4 % en 2024, +2,0 % en 2025.


Les grilles conventionnelles suivent, avec un temps de retard

Côté cadres du bâtiment (CCN 2420), le minimum brut du coefficient 60 raconte la même histoire en différé : 2 022 € en février 2021, 2 212 € en 2023, 2 326 € en 2025, puis 2 356 € avec l'avenant n° 78, signé le 19 janvier 2026 et en vigueur au 1er février. Soit +16,5 % sur la période, moins que le SMIC. Résultat mécanique : le bas des grilles ouvriers s'est fait rattraper. Au 1er juin 2026, aucune des 14 grilles régionales vérifiées n'affiche un N1P1 (coefficient 150) au-dessus du SMIC à 1 867,02 €, et les minima N2 (coefficient 185) jouent des coudes juste au-dessus.

C'est pour recoller que la FFB et la FNTP ont signé fin 2025 les avenants de grille applicables en 2026.


Où en sont les minima 2026

Pour les ouvriers du bâtiment, les minima ne sont pas nationaux : ils se signent région par région. Voici l'amplitude constatée sur les 14 grilles régionales vérifiées, du plancher le plus bas au plus haut :

Où en sont les minima 2026
Niveau · PositionCoeff.Minimum brut/mois 2026, du plus bas au plus haut
N1P11501 802 € (Centre-Val de Loire) à 1 863 € (Bretagne)
N1P21701 831 € (Centre-Val de Loire, > 10 sal.) à 1 871 € (Corse)
N21851 864 € (Pays de la Loire) à 1 975 € (PACA)
N3P12102 021 € (Centre-Val de Loire, > 10 sal.) à 2 171 € (PACA)
N3P22302 139 € (Centre-Val de Loire, > 10 sal.) à 2 341 € (PACA)
N4P12502 256 € (Centre-Val de Loire, > 10 sal.) à 2 510 € (PACA)
N4P22702 372 € (Centre-Val de Loire, > 10 sal.) à 2 680 € (PACA)

Le haut du tableau se lit avec le SMIC en tête. À 1 867,02 €, il dépasse les 14 minima N1P1 sur 14, 11 des 14 minima N1P2, et un seul minimum N2 (Pays de la Loire) : dans ces cases, c'est le SMIC qui s'applique, pas le chiffre de la grille. Quant à la hausse elle-même, elle va de 0 % dans le Grand Est, faute d'accord signé, à +3,8 % en Nouvelle-Aquitaine : le détail région par région est dans l'article sur les NAO régionales BTP 2026.

Pour les ETAM du bâtiment (IDCC 2609), la grille court sur 8 niveaux lettrés de A à H, fixés par accord régional : de 1 808 € (niveau A, Centre-Val de Loire) à 3 498 € (niveau H, Occitanie). Pour les cadres (IDCC 2420), l'avenant n° 78 étage les 14 coefficients de 2 356 € (coefficient 60) à 5 472 € (coefficient 162), sur une base de 39 heures. Les montants exacts par région et par coefficient sont sur la grille salariale BTP.


Le piège classique : croire que les primes comptent

Elles ne comptent pas. Panier, indemnités de petits déplacements, grand déplacement : ces sommes remboursent des frais, elles n'entrent pas dans la comparaison avec le minimum conventionnel. Un employeur ne peut pas justifier un salaire de base sous la grille au motif que « avec les primes, vous êtes au-dessus ». Seul le salaire de base brut compte. Et si ce salaire de base est inférieur au minimum de votre catégorie, la régularisation est due rétroactivement à la date d'entrée en vigueur de l'avenant.


Vérifier, puis réclamer si besoin

1.Repérez votre niveau et votre coefficient sur le bulletin de paie (mention obligatoire depuis la loi Travail de 2016)
2.Comparez votre salaire de base avec la grille officielle 2026, puis avec la fiche salaire de votre métier (électricien, plombier…) pour situer votre rémunération réelle au-delà du simple minimum
3.En cas d'écart, écrivez à votre employeur (email avec accusé de lecture). Sans régularisation, l'inspection du travail (DREETS) puis les prud'hommes prennent le relais

Les hausses ne s'arrêtent pas au niveau national : chaque région négocie ses propres revalorisations. Le détail est dans l'article sur les NAO régionales BTP 2026, et la mécanique des coefficients dans niveaux et coefficients CCN expliqués.

Article fourni à titre informatif et indicatif uniquement. Les informations juridiques et chiffrées présentées sont issues de sources officielles à la date de publication, mais peuvent évoluer. Elles ne constituent pas un conseil juridique, financier ou professionnel personnalisé. Pour votre situation individuelle, consultez un avocat, votre syndicat ou l'Inspection du Travail.
Sources : offres d'emploi France Travail / Batiactu / Indeed, conventions collectives BTP (Légifrance), organismes de qualification (Qualibat, Qualifelec), INRS. Données indicatives, non contractuelles.