D'après des sources officielles : Légifrance, BMO France Travail, DARES.
Un spécialiste de la rénovation énergétique confirmé gagne autour de 2 650 € brut par mois, un chauffagiste formé aux pompes à chaleur environ 2 500 €. Mais réduire ces métiers à un montant rate l'essentiel : à poste égal, ce qui sépare deux fiches de paie, c'est la certification. Voici qui gagne quoi, et pourquoi.
Salaire confirmé (3 à 7 ans), brut mensuel et net indicatif :
| Métier | Brut/mois | Net estimé | Certification clé |
|---|---|---|---|
| Spécialiste rénovation énergétique | 2 650 € | ~2 050 € | RGE / audit |
| Installateur photovoltaïque | 2 500 € | ~1 930 € | QualiPV |
| Chauffagiste (PAC) | 2 500 € | ~1 950 € | QualiPAC |
| Électricien (IRVE) | 2 350 € | ~1 840 € | Qualifelec IRVE |
| Couvreur (PV toiture) | 2 200 € | ~1 720 € | QualiPV |
| Poseur isolation ITE | 2 200 € | ~1 720 € | RGE ITE |
*Ces montants s'appuient sur les minima CCN BTP (Légifrance) et le marché. Ils restent indicatifs et non contractuels.*
Deux choses sautent aux yeux. Les profils ETAM (spécialiste rénovation, installateur PV) partent plus haut que les ouvriers. Et l'écart entre le mieux payé et le moins payé du tableau, environ 450 € brut, ne tient pas au métier, mais au statut et à la certification. Un couvreur « simple » et un couvreur QualiPV ne se négocient pas pareil.
Trois forces maintiennent la demande de manière durable :
1. Le parc immobilier français vieillit
7 millions de logements sont classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE). Ce sont les "passoires thermiques" que la réglementation vise à éliminer. L'interdiction progressive de louer ces logements (applicable dès 2025 pour les G, 2028 pour les F) crée une pression réglementaire sur les propriétaires.
2. Les politiques publiques financent la demande
MaPrimeRénov' (aide à la rénovation thermique), les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE), les prêts à taux zéro et les aides locales représentent plusieurs milliards d'euros injectés chaque année dans la rénovation. Cette demande est en partie artificielle, elle dépend des budgets publics, mais elle est réelle aujourd'hui.
3. La RE2020 impose des standards aux constructions neuves
La Réglementation Environnementale 2020 impose des niveaux d'isolation, de systèmes de chauffage et de performance carbone aux bâtiments neufs. Tout ce qui sort de terre depuis 2022 doit répondre à ces exigences, ce qui valorise les compétences associées.
Source : DARES, Projections des métiers en 2030.
Plombier / Chauffagiste (spécialisé pompes à chaleur)
Le remplacement des chaudières fioul (interdites à l'installation depuis 2022) et gaz (progressivement) par des pompes à chaleur air/eau génère une demande massive. Les techniciens capables d'installer, de mettre en service et de maintenir des PAC sont en pénurie aiguë. La certification QualiPAC (Qualit'EnR) est devenue quasi-obligatoire pour accéder aux marchés MaPrimeRénov'.
Données BMO 2026 : 13 040 projets de recrutement plombiers/chauffagistes, 2e métier BTP le plus recruté.
Électricien (spécialité IRVE)
L'installation de bornes de recharge pour véhicules électriques (IRVE, Infrastructure de Recharge pour Véhicules Électriques) est l'un des marchés qui croît le plus vite dans le secteur. Elle nécessite une habilitation spécifique (qualification IRVE, délivrée notamment par Qualifelec). Les électriciens combinant courants forts + IRVE sont particulièrement recherchés.
Données BMO 2026 : 12 510 projets de recrutement électriciens, 3e métier BTP le plus recruté.
Poseur d'isolation thermique par l'extérieur (ITE)
L'isolation par l'extérieur (façade) est l'un des travaux les plus subventionnés dans MaPrimeRénov'. Elle nécessite des compétences spécifiques (préparation des supports, pose de l'isolant, finition) et la certification RGE de l'entreprise. Les techniciens formés sur ce système sont en demande, notamment dans les régions à fort parc de logements collectifs anciens.
Couvreur / Zingueur (avec spécialité photovoltaïque)
L'installation de panneaux solaires photovoltaïques en toiture est en croissance rapide. Un couvreur formé à la pose de modules PV dispose d'un profil très recherché. La qualification QualiPV (Qualit'EnR) est le sésame pour accéder aux chantiers MaPrimeRénov' photovoltaïque.
Données BMO 2026 : 11 030 projets de recrutement couvreurs, 4e métier BTP le plus recruté.
La mention RGE (Reconnu Garant de l'Environnement) est attribuée à l'entreprise, pas au salarié, mais l'entreprise ne peut obtenir la certification que si ses techniciens ont les qualifications correspondantes.
En pratique, détenir une certification reconnue (QualiPAC, QualiPV, Qualifelec IRVE, QualiBois…) vous rend indispensable à une entreprise qui veut ou maintient son label RGE. C'est un avantage concurrentiel direct sur le marché du travail.
Les formations associées sont généralement courtes (quelques jours à quelques semaines) et finançables via le CPF ou le plan de développement des compétences de l'entreprise.
Maçon / Gros œuvre
La rénovation énergétique ne génère pas directement de demande pour les maçons, sauf sur les chantiers de réhabilitation lourde qui incluent des travaux structurels. La demande en maçonnerie reste forte mais elle vient surtout des marchés de l'entretien-amélioration et de la construction neuve industrielle.
Carreleur / Plaquiste
Indirectement impactés : la rénovation intérieure génère des travaux de second œuvre, mais la demande est moins structurelle et plus conjoncturelle que pour les métiers de l'énergie.
La demande est réelle mais dépend en partie des politiques publiques. Le risque principal : une réduction des budgets MaPrimeRénov' ou un changement de priorité gouvernementale pourrait ralentir le marché. C'est arrivé en 2024 avec une baisse temporaire des plafonds d'aide.
Ce qui est plus structurel et moins dépendant des aides : l'interdiction de louer les passoires thermiques (pression réglementaire indépendante des aides), la RE2020 pour les constructions neuves, et la montée en puissance des véhicules électriques qui rend les IRVE incontournables.
Le tri est donc clair : les métiers les plus solides à long terme sont ceux adossés à une obligation réglementaire (DPE, interdiction de location, RE2020), pas ceux tirés par les seules aides publiques susceptibles de varier. Et pour le salarié, le bon réflexe n'est pas de changer de métier mais d'aller chercher la certification qui transforme un profil banal en profil rare.
Estimez votre rémunération selon votre certification : calculateur de salaire chauffagiste · voir aussi le salaire électricien IRVE, le spécialiste rénovation énergétique, les formations certifiantes BTP (RGE, IRVE, QualiPAC) et le top 61 métiers BTP par avenir de marché.
Articles liés — Marché
À explorer aussi
Le spécialiste rénovation énergétique et l'installateur photovoltaïque (statut ETAM) mènent, autour de 2 650 € et 2 500 € brut confirmé. Côté ouvriers, le chauffagiste spécialisé pompe à chaleur tourne autour de 2 500 € brut (~1 950 € net), devant l'électricien IRVE (2 350 €). Ce sont les certifications (QualiPAC, IRVE, QualiPV), pas le métier seul, qui creusent l'écart de salaire.
Pas d'obligation légale pour le salarié, mais en pratique oui. L'entreprise doit être RGE pour accéder aux marchés MaPrimeRénov', et elle ne l'obtient que si ses techniciens détiennent les qualifications correspondantes (QualiPAC, QualiPV, Qualifelec IRVE, QualiBois). Détenir l'une d'elles vous rend quasi indispensable, et ça se négocie.
Les métiers les plus solides sont ceux liés à une obligation réglementaire (interdiction de louer les passoires thermiques, RE2020, essor du véhicule électrique) plutôt qu'aux seules aides publiques, qui peuvent baisser comme en 2024. Pompe à chaleur, bornes IRVE et isolation restent porteurs à long terme.