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18 juin 2026·Article mis à jour le 20 octobre 2026·3 min de lecture·Par Camille Herbelot

Arrêt maladie dans le BTP : indemnités, maintien de salaire et jours de carence

Les sources sont citées section par section. Montants de salaire : estimations de l'éditeur, sauf mention contraire.

Arrêt maladie dans le BTP : indemnités, maintien de salaire et jours de carence

Tomber malade quand on est payé au mois, c'est une chose. Quand une partie du revenu dépend des jours travaillés sur chantier, c'en est une autre. En arrêt maladie, la Sécurité sociale ne verse qu'environ la moitié du salaire, plafonnée à près de 43 € par jour, et seulement après trois jours de carence. Tout l'enjeu, dans le BTP, est de savoir ce qui vient compléter ce minimum. Pour estimer vos indemnités selon votre salaire et votre ancienneté, utilisez le simulateur d'arrêt maladie BTP.


Ce que verse la Sécurité sociale

L'indemnité journalière (IJ) de la Sécurité sociale représente environ 50 % du salaire journalier de base, calculé sur les derniers mois. Deux conditions et un plafond à connaître :

•il faut avoir travaillé au moins 150 heures sur les 3 mois précédant l'arrêt ;
•l'IJ n'est versée qu'à partir du 4e jour (délai de carence de 3 jours) ;
•elle est plafonnée à 41,95 € bruts par jour pour un arrêt prescrit en juin 2026, 42,97 € à compter de juillet 2026.

Pour un salaire BTP courant, ce plafond signifie souvent que l'IJ couvre nettement moins de la moitié du revenu habituel. D'où l'importance de ce qui s'ajoute.


Le maintien de salaire de l'employeur

La loi impose à l'employeur de compléter l'IJ pour les salariés ayant au moins un an d'ancienneté. Le principe : maintien de 90 % du salaire brut pendant les premiers jours indemnisés, puis environ deux tiers, la durée s'allongeant avec l'ancienneté, après un délai de carence de 7 jours.

C'est le minimum légal. Les conventions collectives du bâtiment le dépassent sur les trois premiers mois, et le dépassement dépend du statut :

•ouvriers : (conventions du 8 octobre 1990, art. 6.12 et 6.13) : droit ouvert après 1 mois d'ancienneté avant 25 ans ou pour un apprenti, 3 mois au-delà ; carence de 3 jours, puis 100 % du salaire pendant 45 jours (du 4e au 48e jour) et 75 % jusqu'au 90e ;
•ETAM : (art. 6.5 de leur convention) et cadres (art. 5.3) : appointements maintenus du 1er au 90e jour, sans carence, après un an de présence dans l'entreprise ou cinq ans de services dans le BTP.

Dans les deux cas, ces taux sont des garanties indemnités journalières comprises : l'employeur verse la différence. Les travaux publics ont leurs propres textes (ouvriers art. 6.3, ETAM art. 6.5, cadres art. 5.4) : leurs règles sont comparées dans préavis et arrêt maladie : ce que dit chaque convention des travaux publics. En accident du travail, les conditions sont plus larges. À partir du 91e jour, c'est la prévoyance de branche qui prend le relais.


La couche spécifique au BTP : la prévoyance de branche

C'est ce qui distingue le secteur. Le BTP dispose d'un régime de prévoyance paritaire qui complète l'indemnisation de la Sécurité sociale et le maintien employeur, pour amortir la perte de revenu sur les arrêts longs. Selon votre CCN et votre ancienneté, cette prévoyance peut prendre le relais là où le maintien légal s'arrête. Concrètement, deux salariés au même salaire mais à des stades d'ancienneté différents peuvent toucher des compléments très différents pendant un même arrêt.

À ne pas confondre avec l'accident du travail, qui obéit à des règles plus favorables (pas de carence, indemnisation renforcée) : ce cas est traité dans accident du travail dans le BTP.


Arrêt long : jusqu'à quand les indemnités sont-elles versées ?

Une affection de longue durée ouvre une durée maximale dérogatoire, au-delà de la limite habituelle des arrêts. Pour une ALD prise en charge à 100 %, elle reste de 3 ans. Pour une ALD non exonérante, deux décrets du 16 septembre 2026 la ramènent de 3 ans à 1 an. La règle vise les arrêts prescrits depuis le 15 octobre 2026 et les arrêts en cours qui atteignent six mois après cette date ; un salarié déjà arrêté depuis plus de six mois à cette date garde l'ancienne règle. Une nouvelle période pour la même maladie suppose un an de reprise du travail. Source : service-public.gouv.fr, consulté le 20 octobre 2026. Pour savoir si votre affection est exonérante, la réponse vient de la CPAM, pas de l'employeur.


Ce que beaucoup de salariés ratent

Le piège le plus courant, c'est la subrogation : quand l'employeur la pratique, il perçoit directement les IJ de la Sécurité sociale et vous verse un salaire maintenu, sans rupture de trésorerie. Sans subrogation, vous attendez le versement de la Sécu, souvent décalé. Vérifiez aussi sur votre bulletin les lignes de cotisation prévoyance : ce sont elles qui financent les compléments. Pour décrypter ces lignes, voyez le bulletin de paie BTP expliqué, et pour le cadre général de vos droits, droits et salaire dans le BTP.


⚠ Article fourni à titre informatif et indicatif uniquement. Les informations juridiques et chiffrées présentées sont issues de sources officielles à la date de publication, mais peuvent évoluer. Elles ne constituent pas un conseil juridique, financier ou professionnel personnalisé. Pour votre situation individuelle, consultez un avocat, votre syndicat ou l'Inspection du Travail.
Sources : offres d'emploi France Travail / Batiactu / Indeed, conventions collectives BTP (Légifrance), organismes de qualification (Qualibat, Qualifelec), INRS. Données indicatives, non contractuelles.

Questions fréquentes

Combien touche-t-on en arrêt maladie dans le BTP ?

La Sécurité sociale verse une indemnité journalière égale à environ 50 % du salaire journalier de base, après un délai de carence de 3 jours (versement à partir du 4e jour). Cette indemnité est plafonnée : au maximum 41,95 € bruts par jour pour un arrêt prescrit en juin 2026, et 42,97 € à compter de juillet 2026. À cela s'ajoute, sous conditions, le maintien de salaire de l'employeur et la prévoyance de branche du BTP.

Qui a droit au maintien de salaire par l'employeur ?

La loi prévoit un complément employeur pour les salariés ayant au moins un an d'ancienneté : l'employeur maintient 90 % du salaire brut pendant les premiers jours indemnisés, puis environ deux tiers, la durée augmentant avec l'ancienneté, après un délai de carence de 7 jours. Les conventions du bâtiment font mieux sur les 90 premiers jours : un ouvrier couvert dès 1 mois (moins de 25 ans) ou 3 mois d'ancienneté touche 100 % de son salaire du 4e au 48e jour, puis 75 % jusqu'au 90e ; un ETAM ou un cadre garde 100 % dès le premier jour, après un an de présence ou cinq ans de services dans le BTP. Ces pourcentages s'entendent indemnités journalières comprises.

Y a-t-il un délai de carence en arrêt maladie ?

Oui, deux carences se superposent. Celle de la Sécurité sociale est de 3 jours : les indemnités journalières ne sont versées qu'à partir du 4e jour. Celle du maintien de salaire employeur prévue par la loi est de 7 jours. Dans le bâtiment, la convention collective la ramène à 3 jours pour les ouvriers et la supprime pour les ETAM et les cadres, sous leurs conditions d'ancienneté.